On ne tombe pas malade en attrapant froid, et pourtant…

Depuis quelques semaines, on voit fleurir un peu partout sur le net des articles affirmant sans l’ombre d’un doute qu’on ne tombe pas malade en attrapant froid.

Des arguments solides

L’argumentaire, bien rôdé, est toujours peu ou prou le même. Les maladies infectieuses comme les rhumes, grippes et consort, sont le résultat d’une invasion de l’organisme par des virus ou des bactéries.

Bactéries, virus et consorts... les seuls responsables des maladies

Bactéries, virus et consorts… les seuls responsables des maladies ?

Le mode de diffusion des ces organismes est différent mais le principe est le même. Il (la bactérie ou le virus) pénètre l’organisme et s’y développe au détriment de l’équilibre de la personne.

Il n’y a pas le moindre doute, la preuve. Lorsqu’il y a ce type de maladie, nous retrouvons les traces de leurs méfaits. Ces suppôts de Satan, sont bel et bien présents en masse.

Si ce n’était pas suffisant, l’argumentaire continue. S’il suffisait d’attraper froid pour être malade, nous serions tous malades dès qu’il fait froid. CQFD

 

Le sous-entendu de ces propos est beaucoup plus intéressant. Si nous admettons sans aucune réserve que seul ce discours est vrai, cela a différentes implications.

Des sous-entendus intéressés

La première implication est que ce type de maladie, nommée maladie infectieuse, a pour origine un élément extérieur. C’est quelque chose de dehors qui vient me faire du mal. Cet Autre à l’origine de tous mes malheurs, je ne peux pas le changer ou l’influencer. Et surtout, comme cela vient de l’extérieur, je ne suis responsable de rien. Mes comportements, attitudes, habitudes, vécus etc. n’ont pas d’influence sur ce qui m’arrive. Je suis malade à cause d’un Autre, donc je n’ai rien à changer dans ma vie.

La seconde implication est que si c’est un Autre « méchant » qui est entré en moi sans autorisation, alors je dois le détruire, le supprimer. Nous retrouvons ici le vocabulaire guerrier, (trop) souvent utilisé. Et pour le supprimer, il me suffit d’utiliser des « anti ». Antibiotique, anti-viraux, anti-parasitaire, etc. En recherchant la petite bête nous saurons alors quel est le poison qui pourra la détruire. Le problème étant simple, la solution l’est aussi.

Ces 2 points de vue ont comme effet direct de nous soumettre à une autorité extérieure pour nous soigner. En effet, si c’est un Autre qui m’envahit et que je n’ai rien à changer dans ma vie alors c’est que cet Autre est trop fort pour moi. J’ai besoin d’aide. De plus il rend inutile toute action préventive, puisque la cause vient de l’extérieur et que je n’y peux rien.

Et par dessus tout, s’il faut utiliser un poison pour s’en débarrasser, je dois m’en remettre à une autorité capable d’identifier et de choisir celui qui est le plus adapté.

Enfin, et c’est l’implication la plus sournoise à mon avis, en affirmant que l’on n’est pas malade en prenant froid, on vient bousculer une idée commune. Une croyance, quelle qu’elle soit, ne peut être remplacée que par une autre croyance. Et c’est ce qui se produit. A grand renfort d’étude scientifique, l’auteur nous montre qu’il ne peut pas en être autrement et qu’il n’y a qu’une vérité.

 

Un autre regard

Les approches traditionnelles ont souvent un regard différent sur ce type de maladie. Elles vont plutôt considérer que la maladie s’exprime lorsque le corps lui laisse la possibilité de s’exprimer.

Si nous prenons, à titre d’exemple, la médecine chinoise. Elle considère qu’il y a 2 grands types de dynamiques (ou souffles) dans le corps : celle défensive (qu’elle nomme Wei Qi) et celle nourricière (qu’elle nomme Yong Qi ou Yin Qi). Le rôle de chacune d’elles est assez clairement exprimé !

Chacune de ces dynamiques sera répartie dans le corps en fonction du moment de la journée. Ainsi le jour, le souffle défensif sera en surface et le nourricier en profondeur. La nuit, ce sera le contraire.

Si, quelle que soit la raison, un de ces souffles est perturbé ou affaibli alors il ne jouera pas totalement son rôle. Et sa fonction sera déficiente.

Ainsi, dans la situation qui nous intéresse, un froid excessif pourra pénétrer l’organisme si le souffle défensif n’est pas suffisant. « Excessif » étant alors différent pour chacun d’entre nous, en fonction de comment nous sommes.

Rien dans ce point de vue ne s’oppose à ce qu’il y ait un virus ou une bactérie ou que sais-je encore. Seulement cet élément n’a pu entrer que parce qu’on lui en a laissé la possibilité.

D’autres sous-entendus

Ce regard-là implique la responsabilisation de nos actes. En effet, de nos actes découlent des conséquences dont on ne pourra se substituer. Ces conséquences ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont seulement le résultat de tel ou tel acte.

En changeant nos habitudes, nos comportements, nos attitudes nous pouvons alors modifier l’impact que la situation aura sur nous.

Si vous êtes en pleine forme, dans un état de paix intérieure, un froid excessif ne vous sera pas agressif. Si, au contraire, vous êtes fatigués, stressés, submergés par des soucis divers, il y a fort à parier que vous serez plus sensible au froid, que vous rencontriez le virus de la grippe ou non !

“Vivre, c’est changer du temps en expérience.”
Caleb Gattegno

 

Pour ne pas vous laisser pénétrer par un coup de froid, il existe des petits gestes simples. Je vous en dis plus ici.

Prenez soin de vous,

Loïc

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