Le millepertuis, un bon exemple des interactions médicamenteuses en phytothérapie

Cet article est lu en 5 minutes, le temps de prendre une petite tisane et une belle respiration ?

Millepertuis (Hypericum perforatum) , herbe à mille trous, herbe perforée… Une chose est sûre : cette plante fait beaucoup parler d’elle ! Tantôt on en vante les mérites, tantôt on met en garde contre les interactions médicamenteuses et contre-indications. Et pour cause : cette belle fleur jaune peut réduire les effets de certains traitements et en intensifier d’autres. Quels sont les risques liés à la prise simultanée de plantes et médicaments ? Quelles sont les interactions avec le millepertuis ? Quand et comment utiliser cette plante puissante ? Découvrez la vision de la permathérapie et de la science sur l’herbe à mille trous. 

Interaction médicamenteuse : attention aux mélanges entre plantes et traitements

Les plantes sont de puissantes aides santé. Leur force fonctionne dans les deux sens, tant en guérison qu’en aggravation ou danger. Prudence, donc ! 

Les risques des interactions entre plantes et médicaments

Il convient d’être particulièrement attentif aux réactions médicaments-plantes. Vous prenez des comprimés ou un traitement spécifique ? Vérifiez toujours les risques avant d’appliquer un conseil de phytothérapie. 

Une non-compatibilité entre deux substances peut avoir de lourdes conséquences. En effet, les plantes peuvent modifier la proportion du principe actif atteignant le système. Ainsi, elles peuvent…

  • Diminuer la proportion de principe actif utilisé par l’organisme, donc annuler l’action du traitement ou en réduire l’efficacité. Une pilule contraceptive pourrait ne pas fonctionner par exemple, créant un risque de grossesse non désirée. 
  • Intensifier les effets des médicaments, en augmentant leur biodisponibilité ou en réduisant l’évacuation des principes actifs. Un anticoagulant pourrait créer un saignement ininterrompu à la moindre plaie.  
  • Modifier les effets des deux traitements, qui s’influencent mutuellement. On peut alors remarquer des effets secondaires. Par exemple, une apparition de nausées, maux de tête, etc. 

Bien que fréquentes et dangereuses, les interactions entre traitements naturels et pharmaceutiques sont encore sous-estimées et méconnues. Cependant, on sait aujourd’hui identifier les situations à risque. À savoir lorsque les molécules des plantes et des médicaments partagent des mécanismes similaires. 

Des erreurs d’indication avant des problèmes d’interaction

En réalité, il y a souvent une erreur d’indication avant un problème d’interaction. 

Pour choisir correctement une plante, un complément alimentaire ou un médicament, il est indispensable de regarder l’organisme dans son ensemble, mais également le contexte et l’environnement. Cela inclut les habitudes alimentaires et autres traitements en cours. 

Un médecin ou praticien de médecine non conventionnelle doit absolument savoir si le patient utilise des huiles essentielles, plantes spécifiques, compléments alimentaires ou remèdes pharmaceutiques. 

Ainsi, le remède doit être choisi de manière holistique, pour correspondre aux besoins de la personne et sa situation actuelle.

Millepertuis : interactions et contre-indications

Les interactions médicamenteuses du millepertuis

Faisons maintenant un zoom sur le millepertuis : quels sont les risques d’interactions médicamenteuses avec la plante à mille trous ?

Voyons les principaux risques d’interférences.

  • Diminution de l’effet des antidépresseurs (antidépresseurs tricycliques et benzodiazépines en particulier). Or, la prise simultanée de ces traitements et du millepertuis est fréquente, puisque notre fleur jaune est souvent recommandée en cas de légère dépression.
  • Diminution de l’efficacité des contraceptifs oraux. Vous prenez la pilule ? Attention à l’utilisation du millepertuis en parallèle, associée à un risque de grossesse.
  • Diminution de l’action de certains anticoagulants (warfarine, phenprocoumone par exemple). 
  • Risque de tension artérielle particulièrement élevée et dangereuse en cas de réaction avec des inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO).

Cette liste est non exhaustive. Il existe de hauts risques d’interactions entre le millepertuis et différents traitements. C’est pourquoi il est fortement déconseillé d’utiliser cette plante avec tout autre médicament. N’hésitez pas à vous tourner vers votre praticien de santé ou vérifier des listes plus complètes en fin d’article.

Contre-indications de l’herbe à mille trous

  • Le millepertuis peut diminuer l’absorption du fer. Mesdames, évitez donc d’en consommer lorsque vous avez vos règles ou en cas d’anémie.
  • Prise à long terme, cette plante puissante pourrait rendre certaines personnes plus sensibles aux toxicités médicamenteuses et certaines formes de cancer. Il ne vaut mieux donc pas abuser de cette fleur jaune, ni la consommer en continu. 

Contrairement à certaines croyances, il n’y a pas de risque de photosensibilisation (une sorte d’allergie du soleil) avec le millepertuis. Du moins, lorsque cette plante est consommée en infusion ou en teinture mère

D’ailleurs, se mettre au soleil (sans excès, comme toujours) après avoir utilisé l’herbe percée potentialise ses effets (antiviral, anti-inflammatoire, etc.). Justement, passons maintenant aux utilisations du millepertuis. 

Une fleur jaune très efficace : les différentes utilisations conseillées

En permathérapie, le millepertuis est une plante ayant une Dynamique Stimulante et Aggradante.

On la recommande généralement dans 2 cas

  • utilisation en cas de légère dépression ;
  • application locale pour ses propriétés antibactériennes, antiseptiques et cicatrisantes.

On utilise les sommités fleuries lorsqu’elles sont encore bien jaunes, voire sur le point de s’ouvrir. Mais toujours après avoir vérifié les interactions entre le millepertuis et vos traitements actuels !

Une plante recommandée en début de dépression

On associe souvent millepertuis et remède contre la dépression. Pourtant, son efficacité n’est pas systématique.

  • Cette plante sera efficace surtout dans les premières phases de la torpeur. En particulier, on la recommande en permathérapie pour traiter la dépression avec Tendance Inflammation, au premier stade. Une fois que l’état d’abattement est installé, il est inutile de se tourner vers cette fleur jaune. 
  • Le millepertuis est particulièrement utile en cas de dépression saisonnière, mais également suite à de grands changements de vie ou traumatismes de vie. 
  • Enfin, l’herbe à mille trous s’avère efficace surtout chez la femme ménopausée et chez l’homme. Avant, des réactions hormonales en réduisent l’effet. 

Pour ces 3 besoins, on la consommera en infusion, à raison de 15 à 30 g de fleurs séchées par litre d’eau en moyenne.

Un remède performant en usage local

L’herbe percée est également connue pour ses propriétés en usage local. Blessures, contusions, douleurs musculaires ou encore brûlures peuvent être traitées avec le millepertuis. À noter : les effets indésirables sont alors rares.

Ainsi, on peut appliquer le millepertuis pour diverses affections de la peau.

  • En cas de zona ou d’herpès, on s’en servira pour ses propriétés antivirales.
  • Suite à une chirurgie, on l’appliquera sur l’inflammation des nerfs. Attention aux interactions médicamenteuses s’il s’agit d’une greffe. 
  • Suite à une radiothérapie ou un coup de soleil, on l’utilisera pour limiter les brûlures superficielles. 

Dans ce cas, on recommande une teinture mère ou un macérât des fleurs dans l’huile. La teinture mère est une macération de plantes dans l’alcool, à l’abri de la lumière. La macération dans l’huile, au contraire, nécessite de la chaleur.

I n’y a aucun risque d’interaction médicamenteuse avec le macérât (souvent appelé à tort huile de millepertuis).

Pour conclure, les risques d’interaction entre plantes et médicaments sont bien réels. Les interférences avec le millepertuis entrainent par exemple la perte d’efficacité des contraceptifs oraux, des antidépresseurs et des anticoagulants. Par ailleurs, l’herbe à mille trous doit être utilisée sur de courte période et est déconseillée en cas d’anémie (carence en fer). Cet exemple bien connu démontre que la phytothérapie n’est pas une science à prendre à la légère. Tournez-vous vers un professionnel pour bien utiliser les plantes !

Sources :

Cet article a 2 commentaires

  1. Carteau

    Quelle variété de millepertuis parlez-vous?

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