Pourquoi je ne ferai jamais de naturopathie ?

Sommaire

Quand on s’intéresse aux soins naturels, la naturopathie apparaît souvent comme une évidence. C’est la discipline qui revient systématiquement dans les discussions, celle qui est enseignée dans de nombreuses écoles, et qui s’est imposée, petit à petit, comme une référence des pratiques alternatives. Pourtant, malgré mon attrait pour les approches naturelles et intégratives, j’ai choisi de ne pas devenir naturopathe.

Ce n’est pas un rejet en bloc, ni une critique gratuite. La naturopathie a ses mérites, son histoire, et une richesse certaine. Mais en l’observant de près, j’ai compris que sa manière de penser le soin me posait problème. Ce n’est pas tant ce qu’elle propose qui me dérange, mais plutôt la manière dont elle conçoit la santé, souvent figée dans des modèles qui ne tiennent pas compte de la complexité du vivant.

Un socle solide, pas si ancien et… figé

Une histoire plus récente qu’on ne l’imagine

Si l’idée de « médecine naturelle » a toujours existé sous diverses formes (en Grèce antique, en Inde, en Chine par exemple), ce que nous appelons aujourd’hui « naturopathie » est en réalité un produit du XIXᵉ siècle. Elle s’est structurée autour de référentiels spécifiques et de théories propres à cette époque.

Il est donc trompeur d’affirmer que la naturopathie trouve directement ses racines dans l’Antiquité. On peut certes repérer des convergences avec certaines traditions anciennes, mais pas de lien de filiation direct. En d’autres termes, la « naturopathie moderne » n’est ni l’héritière authentique d’Hippocrate ni la simple continuation des médecines traditionnelles.

La naturopathie, fille de l’hygiénisme et du vitalisme

Historiquement, la naturopathie s’est construite en réaction au paradigme médical dominant du XIXᵉ siècle. Elle a notamment été façonnée par :

  • L’essor de la médecine scientifique et de la pharmacologie, qui a vu naître de nouveaux traitements et médicaments.
  • L’influence de l’hygiénisme, prônant l’amélioration de la santé par un mode de vie sain (alimentation, exercice, hygiène).
  • Une volonté de contrer les traitements médicamenteux excessifs, comme l’usage du mercure ou la pratique systématique des saignées.
  • Les mouvements vitalistes et naturalistes (portés notamment par Sebastian Kneipp, Benedict Lust ou Louis Kuhne), qui valorisaient la « force vitale » de l’organisme.

Autrement dit, la naturopathie est le fruit d’une co-évolution avec la médecine occidentale, et non la résurgence d’une tradition « pure » et immuable. L’idée de la rattacher à des figures historiques respectées (Hippocrate, Paracelse, etc.) répond surtout à un besoin de légitimité et de crédibilité, dans un contexte où la médecine conventionnelle prenait progressivement le dessus.

Une tradition qui se veut ancestrale… mais qui se fige

En cherchant à se présenter comme une pratique ancestrale et naturelle, la naturopathie tend à afficher un vernis de sagesse millénaire. Elle oppose volontiers cette image à une médecine conventionnelle jugée « trop jeune » ou « trop chimique ». Cette rhétorique est séduisante, mais elle masque la réalité : la naturopathie est tout autant le produit des révolutions médicales modernes que la médecine académique elle-même.

Le problème, c’est que dans son effort pour s’affirmer comme une approche globale « historique », la naturopathie s’est parfois enfermée dans des schémas hérités du XIXᵉ siècle :

  • Une vision souvent simpliste de la digestion, considérée comme la clé de tous les maux et de toutes les guérisons.
  • Une focalisation sur la “détox”, comme si l’organisme devait être sans cesse purifié.
  • Une recherche de la cause unique, niant la complexité des systèmes vivants.
  • Des protocoles alimentaires restrictifs, érigés en vérités universelles pour « corriger » la moindre perturbation.

Loin de remettre en question ces dogmes, nombre de praticiens continuent de les appliquer tels quels. Or, la santé est un phénomène complexe, éminemment relationnel, et ne peut se réduire à des règles fixes (détox, évictions alimentaires, etc.).

Un bagage intéressant qui mérite d’évoluer

Pour autant, la naturopathie ne manque pas de principes intéressants et pertinents :

  • C’est une approche holistique, qui considère l’individu dans sa globalité (alimentation, hygiène de vie, environnement, etc.).
  • Elle vise la responsabilisation de la personne, invitée à adopter des habitudes plus saines plutôt que d’attendre une “solution miracle”.
  • Elle a une volonté de prévenir plutôt que de guérir, en misant sur la qualité de l’alimentation, le mouvement et la gestion du stress.

Ces fondamentaux sont précieux et ont incontestablement permis de repenser la vision du soin face à une médecine parfois trop focalisée sur la maladie.

Le souci, c’est que beaucoup de naturopathes peinent à intégrer les connaissances scientifiques et écologiques contemporaines. Leurs pratiques restent figées dans une vision hygiéniste et vitaliste du XIXᵉ siècle, qui ne tient plus toujours compte de la complexité du vivant et de la diversité des contextes de santé actuels.

En définitive, le défi pour la naturopathie serait d’accepter de se remettre en question, d’évoluer au gré des avancées scientifiques et d’ajuster ses protocoles aux réalités contemporaines. Ne plus s’arc-bouter sur des dogmes du passé, mais enrichir ses pratiques pour accompagner réellement la capacité d’adaptation de chacun.

Cinq concepts qui posent problème avec la naturopathie

1. L’obsession de la “détox”

Qui n’a jamais entendu qu’il fallait “nettoyer son foie” après les fêtes, ou “évacuer les toxines” pour retrouver la forme ? Le postulat de base est que le corps accumulerait sans cesse des déchets qu’il conviendrait de “purger” régulièrement.

Pourtant, notre organisme est déjà doté de mécanismes d’élimination (foie, reins, poumons, peau) capables de traiter la plupart des déchets métaboliques. Les cures de jus, les jeûnes extrêmes ou les plantes laxatives peuvent alors s’apparenter à une volonté de “forcer” un processus qui devrait rester spontané et adapté.

  • Un excès de zèle contre-productif. Ces pratiques détoxifiantes perturbent la flore intestinale, fatiguent l’organisme ou provoquent des carences, surtout si l’on adopte des régimes drastiques à répétition.
  • Méfiance et culpabilité. Considérer le corps comme une “machine encrassée” à décrasser en permanence induit une relation de suspicion envers soi-même : on se met à traquer la moindre toxine, à culpabiliser dès qu’on mange un aliment perçu comme “impur”.

Il ne s’agit pas de nier que certaines approches détoxifiantes ponctuelles puissent être utiles (par exemple après une prise prolongée de médicaments). Mais en faire un credo systématique revient souvent à oublier que la santé est d’abord une capacité d’adaptation globale, et pas seulement un état de “pureté” interne.

2. L’éviction alimentaire à tout prix

De la fatigue aux maux de ventre, en passant par le moindre problème cutané, la réponse naturopathique tend trop souvent à être : “Supprime tel aliment !” Gluten, produits laitiers, sucre, FODMAPs… Peu à peu, la liste des aliments “interdits” s’allonge, jusqu’à rendre l’assiette anxiogène.

  • Des exclusions parfois utiles, mais trop systématiques. Dans certaines circonstances (intolérances médicalement diagnostiquées, troubles digestifs avérés, allergies sévères), l’éviction peut soulager voire protéger. Cependant, la généraliser à tous les inconforts relève du réflexe pavlovien plutôt que d’une approche réfléchie.
  • Limiter la capacité d’adaptation. Le système digestif, comme l’ensemble du corps, est conçu pour faire face à une diversité alimentaire. À force de bannir trop d’aliments, on peut perdre en tolérance et finir par fragiliser la diversité de sa flore intestinale ou créer des déficits nutritionnels.
  • Une approche centrée sur “éliminer le problème” plutôt que de le comprendre. Plutôt que de chercher à saisir les origines de la gêne (stress, manque de diversité alimentaire, excès ponctuel, déséquilibre hormonal, etc.), on se contente de supprimer. On risque alors de passer à côté de solutions plus globales, comme la gestion du stress ou l’amélioration du sommeil.

3. Mettre la digestion au centre de tout

On ne le répétera jamais assez : la santé de l’intestin a une influence majeure sur l’équilibre général (immunité, production de certains neurotransmetteurs, assimilation des nutriments, etc.). De là à déduire que la digestion serait la clé unique de notre santé, il n’y a qu’un pas que nombre de discours naturopathiques franchissent trop vite.

  • Le risque d’un réductionnisme “intestinal”. Il est vrai que l’intestin est surnommé “deuxième cerveau”, mais réduire les problèmes de santé à la seule dimension digestive occulte l’importance d’autres facteurs (stress psychologique, facteurs environnementaux, infections chroniques, etc.).
  • Des raccourcis dangereux. Associer systématiquement angoisse, dépression ou douleurs articulaires à un trouble du microbiote est tentant, mais ignore la complexité du vivant. la très grande majorité (pour ne pas dire tous) des troubles sont multifactoriels. Ils impliquent l’histoire individuelle, la génétique, les relations sociales…
  • Une vision trop mécaniste du corps. En se focalisant sur une seule fonction (aussi capitale soit-elle), on perd de vue que la santé est un phénomène systémique : c’est l’ensemble des interactions (physiologiques, psychologiques, sociales, environnementales) qui fait qu’une personne se sent bien ou non.

4. La quête de la cause unique

L’une des spécificités de la démarche naturopathique est de rechercher “la cause profonde” d’une pathologie ou d’un symptôme. À première vue, c’est louable : on veut comprendre ce qui dysfonctionne en amont plutôt que de se contenter de traiter les symptômes.

  • Un réductionnisme qui ignore la complexité. En biologie, en écologie, ou même dans le domaine social, on sait désormais qu’il n’y a jamais une seule cause à un phénomène. Les problèmes de santé sont le résultat d’un tissu complexe d’interactions : régime alimentaire, stress, environnement pollué, prédispositions génétiques, contexte émotionnel, etc.
  • La peur de la pluralité. Chercher “LA” cause rassure : si on l’identifie, on peut la “corriger” et espérer guérir. Mais la réalité est plus nuancée : plusieurs facteurs conjugués peuvent participer à l’émergence d’un même symptôme.
  • Le risque de passer à côté de solutions globales. En ciblant une unique piste (par exemple, le foie ou l’alimentation), on peut négliger d’autres dimensions (comme la donation de sens, la qualité des relations, l’exposition aux polluants, etc.) qui contribuent à la santé.

5. La complémentation systématique

Enfin, on observe chez de nombreux naturopathes un glissement vers un modèle proche de la médecine conventionnelle, mais en version “naturelle” : chaque problème a son complément alimentaire, chaque carence supposée son cocktail de gélules.

  • Une illusion de “traitement” naturel. Remplacer un médicament par une plante ou un supplément vitaminique reste un acte médical déguisé : on cherche à “corriger” un symptôme ou une carence par un produit externe. Si l’hygiène de vie, l’environnement ou le stress ne changent pas, on passe à côté du fond du problème.
  • Un marché lucratif qui biaise les conseils. L’offre pléthorique de compléments (anti-stress, détox, fortifiants, etc.) peut inciter à trouver une gélule pour tout, parfois sans réelle évaluation des besoins ou du statut nutritionnel de la personne.
  • Un modèle biochimique trop réducteur. Parier uniquement sur des compléments alimente l’idée que la santé se règle par des apports externes. Or, bouger, respirer, ressentir des émotions positives, avoir une vie sociale épanouie et un environnement sain sont autant de facteurs de santé souvent ignorés par l’approche “tout-supplément”.

En fin de compte, la multiplication des protocoles d’éviction, de détox et de compléments alimentaires souligne une vision souvent rigide de la santé, centrée sur la suppression de certains éléments ou la compensation de “manques”. Or, la santé est avant tout un état d’équilibre et d’adaptation, qui demande de prendre en compte toutes les dimensions de la vie (physique, psychique, relationnelle et écologique).

C’est précisément cette complexité qui appelle à sortir du dogmatisme pour adopter une démarche réellement globale et évolutive.

Penser le soin autrement

Face à ces limites et à ces mécanismes trop rigides, une approche différente de la santé s’impose. Plutôt qu’une somme de protocoles et de dogmes, il s’agit de considérer la personne comme un écosystème vivant, inscrit dans un environnement tout aussi vivant.

1. De la “lutte contre” à la “coopération avec”

L’un des travers d’une vision trop centrée sur la détox ou l’exclusion alimentaire est de penser la santé comme un combat : lutter contre les toxines, chasser les aliments suspects, éradiquer les déséquilibres. Cette logique belliqueuse nous place en confrontation permanente avec notre propre corps et notre milieu.

Or, le vivant ne fonctionne pas sur le principe de guerre intérieure, mais sur celui de régulations fines et de coopérations multiples (entre les organes, avec notre flore intestinale, avec l’environnement). Penser le soin autrement, c’est donc passer d’une posture défensive à une démarche d’écoute, de soutien et de régulation naturelle.

2. La santé comme capacité d’adaptation

Plutôt que d’envisager la santé comme un combat contre des éléments perçus comme hostiles (virus, polluants, stress), on peut la voir comme une capacité à s’accorder de façon dynamique avec ce qui nous entoure. Il ne s’agit pas de “résister” au sens guerrier du terme, mais de négocier et de composer avec un environnement en constante évolution. Dans cette approche, la santé devient un processus d’ajustement continu : le corps, l’esprit et le milieu interagissent en permanence, cherchant à trouver la meilleure résonance possible à l’instant présent.

Cette perspective met l’accent sur la résilience plutôt que sur la chasse aux “intrus”. On ne cherche pas la pureté absolue, mais une flexibilité et une robustesse qui permettent de traverser les changements.

3. Sortir d’une logique de protocole

Appliquer systématiquement les mêmes protocoles (détox, éviction, compléments alimentaires) à toutes les problématiques de santé revient à ignorer les spécificités de chaque individu, son contexte de vie, ses ressources intérieures et ses aspirations.

  • Une approche personnalisée. Il s’agit de prendre le temps d’explorer les causes plurielles d’un mal-être (fatigue chronique, douleur, troubles du sommeil, etc.), tout en tenant compte du rythme de la personne, de ses contraintes, de ses envies.
  • Une écoute active. Cela passe par des échanges approfondis, une observation globale et, surtout, une collaboration dans la durée.

En d’autres termes, “penser le soin autrement” consiste à sortir du “one size fits all” pour entrer dans une relation thérapeutique où le praticien et la personne avancent ensemble, sans recette toute faite.

4. Vers une écologie du soin

Dans cette nouvelle vision, la santé ne se limite pas à un équilibre biochimique intérieur : elle s’inscrit dans un contexte plus large où l’environnement physique, les relations sociales, les modes de production alimentaire et l’état de la planète elle-même jouent un rôle.

  • Une dynamique relationnelle. Les avancées en écologie, en neurosciences, en éthologie et en sciences humaines montrent que la santé est intimement liée à la qualité de nos interactions (avec notre entourage, notre environnement, nos émotions…) Nous sommes en interaction constante avec notre entourage : la qualité de l’air que nous respirons, le niveau de bruit, les liens familiaux et amicaux, le stress du travail, tout cela façonne notre santé.
  • La notion d’écosystème individuel. Il est utile de voir la personne comme un micro-écosystème connecté à d’autres écosystèmes (familial, professionnel, naturel). Cette vision rend caduque l’idée d’une cause unique et fixe pour expliquer un symptôme, tant les relations sont multiples.

5. De la naturopathie à la Permathérapie

La Permathérapie se distingue par une lecture écosystémique de la physiologie, en rupture avec la vision belliqueuse et expansionniste héritée du XIXᵉ siècle. Là où certaines approches conçoivent le corps comme un territoire à défendre ou à conquérir (avec l’idée de lutter contre les “envahisseurs” ou de coloniser des zones “malades”), la Permathérapie invite à percevoir le vivant comme un ensemble de relations interdépendantes.

Au lieu de “gagner la guerre” contre des agents pathogènes ou des “toxines”, il s’agit de favoriser des conditions d’accordage où l’organisme, dans sa globalité, trouve son propre mode d’harmonie avec son environnement. Cette perspective implique :

  • Une coopération avec le corps, plutôt qu’une injonction à le contrôler ou à le purifier.
  • Un respect de la complexité vivante, où chaque symptôme est replacé dans un contexte plus large (relations sociales, état émotionnel, environnement écologique).
  • Une remise en question des réflexes dogmatiques, pour laisser place à une approche adaptable et ouverte aux connaissances contemporaines sur le vivant.

C’est cette posture holistique, écologique et résolument non belliqueuse qui caractérise la Permathérapie : une démarche dans laquelle le soin naît de l’interaction subtile entre l’individu et son milieu, plutôt que de la mise en œuvre de protocoles de “défense” ou de “conquête” du corps.

Comme dans un jardin en permaculture, on ne cherche pas la monoculture “idéale”, mais une biodiversité fonctionnelle et évolutive.

Pourquoi je ne ferai jamais de naturopathie

La naturopathie a incontestablement joué un rôle dans la remise en question de la médecine conventionnelle, en ouvrant la voie à des pratiques alternatives et plus centrées sur la prévention. Toutefois, elle semble aujourd’hui s’être enfermée dans un cadre dogmatique, reposant sur des principes d’une autre époque (détox systématique, recherche de la cause unique, évictions alimentaires à outrance, etc.). Ces schémas, hérités pour la plupart du XIXᵉ siècle, ne prennent pas suffisamment en compte la complexité et la dimension relationnelle du vivant.

Une autre voie : penser le soin comme une relation vivante

Plutôt que de me focaliser sur des méthodes toutes tracées, je préfère envisager le soin comme une relation vivante, un dialogue permanent entre la personne et ce qui l’entoure. Cela implique :

  • Une écoute attentive du corps, qui n’est plus vu comme un champ de bataille ou une machine encrassée, mais comme un ensemble d’accords dynamiques, en constante évolution.
  • Une intégration des facteurs sociaux, écologiques et émotionnels, qui participent à l’état de santé bien plus qu’on ne le croit.
  • Un engagement à revisiter constamment nos pratiques, en s’inspirant à la fois de la science contemporaine et des approches traditionnelles, sans pour autant tomber dans le dogme.

Se soigner, ce n’est pas appliquer une méthode

Au bout du compte, guérir ou préserver sa santé ne devrait pas se résumer à appliquer un énième “protocole miracle”. Il s’agit avant tout d’apprendre à vivre en accord avec ce qui nous entoure :

  • Prendre soin de son alimentation sans sombrer dans l’obsession restrictive.
  • Soutenir ses fonctions physiologiques sans succomber à la psychose de la “détox”.
  • Apprendre à se connaître, à décrypter ses ressentis, ses émotions, ses besoins.
  • Développer une sensibilité à la nature, à notre entourage, et aux rythmes qui nous lient au monde.

Cette approche, je l’ai développée dans la Permathérapie. Je me suis inspiré de la permaculture pour concevoir la santé comme un écosystème où tout est interconnecté. Loin d’une logique expansionniste ou belliqueuse, il s’agit de cultiver la diversité, la coopération et l’ajustement continu avec notre environnement.

En définitive, je ne renie pas les apports de la naturopathie — elle a semé des graines de remise en question indispensables. Mais l’heure est venue d’aller plus loin, en dépassant les cadres du passé et en réinventant une relation thérapeutique réellement holistique. En ce sens, je choisis de ne pas me cantonner à la naturopathie telle qu’elle est enseignée ou pratiquée aujourd’hui, mais de proposer une vision du soin plus ouverte, dynamique et en phase avec les connaissances et les enjeux contemporains.

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Gaugain

Bonjour
Je trouve votre article tellement libérateur .
Pour moi ke problème est l’effet yoyo des régimes qui finalement ne servent à rien sauf à apporter de l’espoir, puis le découragement pour finir par l’image négative de soi même. Et la reprise de poids, en ayant allegé sont portefeuille !😁
Votre article libère dans le sens où il voit l’être humain dans sa globalité et apporte un nouveau regard, loin de l culpabilité et laisse le sentiment que nous sommes des être humains complets qui vivons dans un environnement, d’une manière spécifique à chacun.
Avec mes 60 ans les problèmes articulaires s’invitent….Une autre façon de chercher ce qui doit être réajusté.
Merci infiniment !
J’irais beaucoup de plaisir à vous lire.
Belle journée !
Marie Pierre

Anne

Merci infiniment pour ce précieux éclairage !

DUTRY

Bonjour Loic,

Tout à fait d’accord avec nous.
Le nombre de fois où que je me suis exclamée « mais arrêtez de dire que je dois me nettoyer, je ne suis pas sale! » reflète bien la perception que j’ai de ce système. Détox, jeun, très peu moi, je ne suis pas apte à y faire face et vraiment pas sûre d’en voir besoin.
Merci pour ta contribution à notre réflexion.

Carlier

Bonjour Loic
J’ai suivi 1 formation en naturopathie pendant 3 ans et je ne la reconnais pas du tout dans ta description. Elle est bien plus proche de la permatherapie telle que tu la décrit, en prenant en compte la personne dans toutes ses dimensions, en accompagnant la personne avec 2,3 conseils qu’elle peut facilement mettre en place. La résistance au changement est si forte en chacun de nous qu’il s’agit avant tout de conscientiser d’abord 2 ou 3problématiques à la fois et de mettre en place des pratiques simples et applicables.
Et le temps que tout cela se mette en place il y a 1 ou 2 compléments pour soutenir toutes les sphères dans ce grand travail personnel que la personne va faire.
Merci pour ton travail, ton regard et ton partage

Laureline

Je suis assez déçue et interrogative face à cet article, j’aime habituellement bien vous lire, vos points de vue sont intéressants, mais là j’avoue être assez effarée par cette non tolérance et ces idées préconçues que vous mettez en avant…
Je ne sais pas quel(s) naturopathe(s) vous êtes allé voir pour dire ça, mais à l’évidence nous avons tous des façons bien différentes de travailler. Et par cela je veux pointer du doigt le manque d’encadrement à cette profession qui, malheureusement, tend à nous décrédibiliser aux yeux de certaines personnes.
La naturopathie est avant tout une approche préventive, de bon sens, qui encourage les gens à revenir vers l’écoute de son corps, plutôt qu’amener son corps chez le médecin comme on amènerait notre voiture au garage en balançant les clés avec un « réparez-moi ça! »
Laissez-moi reprendre quelques passages de votre article qui m’ont vraiment surprise :

« Ce n’est pas tant ce qu’elle propose qui me dérange, mais plutôt la manière dont elle conçoit la santé, souvent figée dans des modèles qui ne tiennent pas compte de la complexité du vivant. »

En fait la naturopathie, lorsqu’elle est pratiquée de manière sérieuse et bienveillante et tout sauf dogmatique. Contrairement à bien des approches (et la médecine conventionnelle en fait malheureusement partie) la naturopathie se doit de s’adapter à la personne qui est en face, nous ne pouvons donner de conseils « prêt à consommer », soit le genre de conseil de magazine Marie-Claire qui s’applique à tout le monde.
Bien au contraire.
Nous nous servons d’éléments observés, questionnés pour établir un portrait du terrain de la personne et nous adapter au mieux à ses besoins. C’est aussi pour cela que généralement nous précisons bien dans nos comptes-rendus de consultations que les conseils donnés sont uniquement valables pour la personne susmentionnée.

« Si l’idée de « médecine naturelle » a toujours existé sous diverses formes (en Grèce antique, en Inde, en Chine par exemple), ce que nous appelons aujourd’hui « naturopathie » est en réalité un produit du XIXᵉ siècle. Elle s’est structurée autour de référentiels spécifiques et de théories propres à cette époque.
Il est donc trompeur d’affirmer que la naturopathie trouve directement ses racines dans l’Antiquité. »
Pardon mais si le terme « naturopathie » est effectivement récent, l’approche naturopathique est en revanche bien plus ancienne. Si l’Asie avait la MTC et l’Indes avait l’Ayurvéda, en Europe occidentale nous avions les Druides qui pouvaient être considérés comme les ancêtres des naturopathes d’aujourd’hui…

« En d’autres termes, la « naturopathie moderne » n’est ni l’héritière authentique d’Hippocrate ni la simple continuation des médecines traditionnelles. »

Oui nous nous basons sur les principes d’Hippocrate qui mettait en évidence les humeurs internes, c’est d’ailleurs grâce à ces humeurs que nous évaluons le tempérament et adaptons nos conseils. Aussi, comme nous naturopathes actuels, Hippocrate pensait que l’alimentation a un rôle crucial dans notre santé, et c’est effectivement un des grands piliers dans notre approche.
D’ailleurs puis-je vous rappeler que l’OMS nous reconnaît comme médecine traditionnelle occidentale…
« L’OMS classe la naturopathie parmi les médecines traditionnelles et complémentaires (MTC), au même titre que la médecine traditionnelle chinoise ou l’ayurvéda. Elle est fondée sur une approche holistique, c’est-à-dire qu’elle considère l’individu dans sa globalité (corps, esprit, environnement) et vise à prévenir la maladie plutôt qu’à la guérir une fois installée. »

« Autrement dit, la naturopathie est le fruit d’une co-évolution avec la médecine occidentale, et non la résurgence d’une tradition « pure » et immuable. »

Je ne comprends pas votre phrase, en fait la naturopathie est devenue « naturopathie » lorsque l’approche de santé globale est devenue « non globale », lorsque la médecine conventionnelle s’est assumée dans son approche matérialiste et purement mécanique du corps. Cela a d’ailleurs été un grand débat entre Pasteur et Béchamps (Pasteur ayant reconnu en fin de vie qu’il s’était trompé).

« Le problème, c’est que dans son effort pour s’affirmer comme une approche globale « historique », la naturopathie s’est parfois enfermée dans des schémas hérités du XIXᵉ siècle : »
La naturopathie continue bien d’évoluer je vous rassure, elle intègre des découvertes bien récentes comme la mémoire de l’eau, parfois l’approche quantique (qui je l’avoue est encore un peu flou pour moi, mais fait sens pour de nombreuses personnes), les plantes adaptogènes, la gemmothérapie, et s’aide parfois de nombreux outils (le bol d’air jacquier par exemple)…
• « Une vision souvent simpliste de la digestion, considérée comme la clé de tous les maux et de toutes les guérisons. »
Étant donné que notre relation à la nourriture est souvent pathologique (de part sa fréquence, mais aussi sa qualité) oui la façon que l’on a de nous alimenter est souvent à considérer.
• « Une focalisation sur la “détox”, comme si l’organisme devait être sans cesse purifié. »
Parce que l’alimentation (encore elle!) est trop importante et de piètre qualité, parce que la qualité de notre environnement (air et eau) ont diminué, oui il est parfois nécessaire de détoxifier de manière douce et régulière notre organisme si on veut prévenir les maladies chroniques inflammatoires notamment. Heureusement pas chez tout le monde non plus, certains organismes ont une vitalité suffisante et nécessaire pour bien gérer ces déchets.
• « Une recherche de la cause unique, niant la complexité des systèmes vivants. »
Faux! Un des 5 grands piliers de la naturopathie est le causalisme (qui nous vient aussi de ce cher Hippocrate), soit la recherche de la cause, de la cause, de la cause, car pour nous il n’y a pas UNE mais bien DES causes, et que nous nous devons de prendre en considération l’interdépendance des systèmes.
• « Des protocoles alimentaires restrictifs, érigés en vérités universelles pour « corriger » la moindre perturbation. »
Si certains régimes restrictifs peuvent être conseillés dans certains cas, il ne sont en aucun cas érigés comme des vérités vraies seules et uniques! Et encore moins sur le long terme. Dans le cas d’un accompagnement de diabète de type 2 par exemple on peut très bien conseiller un régime IGbas le temps que le corps retrouve son équilibre (jamais au-delà de 8 semaines), mais la plupart du temps nous dirigeons vers un régime le plus proche possible du méditerranéen qui est anti-inflammatoire, varié, équilibré et antioxydant.

Je m’arrête là car ce serait trop long de tout reprendre point par point, mais je vous invite à me contacter si vous souhaitez que nous continuions ce débat en toute bienveillance et de manière constructive, car d’après moi la naturopathie a de beaux jours devant elle 

Laureline

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de clarifier ces points.
Je suis rassurée quant à vos intentions de ne pas rejeter la naturopathie en bloc.
Il semble évident que notre monde aujourd’hui a grand besoin de s’unir et travailler main dans la main.
Bien sûr certaines méthodes et compétences peuvent mettre en défaut la naturopathie (et c’est le cas dans presque tous les métiers), et je vous rejoins sur le fait qu’il est important de préciser que l’allopathie verte n’a finalement que peu d’intérêt. En revanche, de regarder la santé de manière globale, agir dessus avec des synergies en prenant en compte l’environnement est un beau point commun à la naturopathie et votre pratique de permathérapie.

Merci pour votre travail et vos articles toujours inspirants!

Marie Jacques

Merci Loïc ! La naturoparthie me dérange beaucoup par son côté compléments alimentaires qui coûtent la « peau des fesses » et qui retste donc dans la logique BigPharma… Je voudrais que la remise en santé ne se fasse que par des moyens naturels et accessibles à tous ! Bise

Sabine

Merci Loïc pour cet article passionnant !

J’ai un temps envisagé de me reconvertir en naturopathie mais j’ai rencontré cette vision dont tu parles, qui m’a semblée réductrice et dogmatique et ne me parlait pas du tout. J’ai lu des échanges dans les commentaires qui me rassurent dans le fait que cette vision n’est pas unanime et c’est tant mieux !
Un article instructif et passionnant, des commentaires tout aussi instructifs et complémentaires, c’est un vrai plaisir de te lire 🙂

SANDRINE

Bonsoir,

Votre article est intéressant et je suis d’accord avec vous sur de nombreux points. Sachez toutefois, qu’en tant que naturopathe et formateur en écoles de naturopathie, je m’inscris dans ce que vous appelez la permathérapie. Il n’y a pas une cause unique, la détox et l’éviction d’aliments ou la prise de compléments n’est pas systématique, et si cela doit se faire c’est dans le cadre d’une cure bien déterminée dans le temps, l’environnement personnel affectif et professionnel sont bien entendus pris en compte dans une écoute active. Vous n’êtes peut-être pas toujours tombés sur les bons naturopathes, respectueux du vivants et se remettant en question. L’humilité et l’adaptation sont toujours de mise pour moi et le partage de mon expérience depuis plus de 12 ans.

Peut-être aurons-nous l’occasions d’échanger?

Vous souhaitant une très belle soirée.

Bien naturopathiquement;)

Sandrine

MJF_Vivre-de-Sa-Plume

Sujet passionnant ! 🌿 La naturopathie, comme toute discipline, doit évoluer avec son époque, et j’aime beaucoup la réflexion que tu proposes ici. Entre tradition et adaptation, il y a un équilibre à trouver pour ne pas tomber dans l’obsolescence ou l’excès de modernité. Merci pour cette perspective qui pousse à réfléchir ! 😊💡

Florianne

Bonjour,
Je rejoins les commentaires des autres naturopathes : dans cet article je ne reconnais pas la naturopathie à laquelle j’ai été formée…
Dans les commentaires, entre autres, les régimes et la « diététique punitive » évoqués sont l’inverse de ce que conseille la naturopathie…
La permathérapie, méthode que vous avez élaborée ces dernières années, telle que vous la décrivez dans vos articles, et la naturopathie, sont similaires et partagent énormément de choses communes.
Il y a probablement (certainement) des simplifications abusives (voire des dérives) dans la pratique de la naturopathie par certaines personnes, et/ou dans ce qui est peut-être partagé sur les réseaux sociaux (je n’y suis pas, donc je ne vois pas trop ce qui s’y dit), mais cela ne représente pas ce qu’est la naturopathie, en tout cas pas celle qui m’a été enseignée.
Dans vos réponses aux commentaires, vous indiquez ne pas vous opposer à la naturopathie mais pointer les dérives possibles…Le titre de votre article « Pourquoi je ne ferai jamais de naturopathie » n’affiche pas franchement cette nuance…
Il est effectivement nécessaire de soulever les limites de la méthode et de pointer les dérives possibles, comme pour toute méthode. Mais il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain (désolée, je n’ai pas trouvé une meilleure expression pour décrire ce que je veux dire), sinon le risque est de décrédibiliser une approche qui invite chacun à préserver sa santé notamment par une alimentation équilibrée de qualité, par du mouvement adapté à chacun et par une prise en compte de ses émotions et relations avec son environnement. Ce serait dommage et contre-productif que cette approche soit considérée comme complètement has-been et saugrenue…
Bref, il me semble que l’enjeu (santé des êtres vivants et de l’environnement) mérite que les méthodes œuvrant dans la même direction comme la permathérapie et la naturopathie ne soient pas en opposition ou en concurrence ou en relation de supériorité / infériorité, mais en complémentarité.

Anne-Laure

Bonjour,
Cet article exprime clairement deux visions de la santé et du soin. Propre à chacun ensuite de créer sa propre pratique avec ces éléments.

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