TDAH : une approche naturopathique

Sommaire
Découvrez comment une approche naturopathique peut aider à gérer le TDAH, en optimisant la santé mentale et en améliorant le bien-être général.

Article invité écris par Loïc Ternisien, Ingénieur en Prévention-Santé et Herboriste-Naturopathe. Loïc nous présente ici sa vision du traitement du TDAH. Ces propositions n’engagent bien sûr que lui. Il nous importe que chacun puisse découvrir l’étendue des possibles sans dogmatisme.

Quelle joie de contribuer au blog de Loïc Plisson avec un sujet qui me tient particulièrement à cœur : l’accompagnement naturel du TDAH chez l’adulte et l’enfant. En tant que naturopathe, je reçois de plus en plus de personnes dans mon cabinet qui viennent me voir après un diagnostic récent de TDAH ou qui se questionnent, souvent accompagnées d’un mélange de soulagement et d’interrogations. « Enfin, j’ai une explication à mes difficultés ! » me disent-elles, suivi rapidement de : « Mais que puis-je faire naturellement pour aller mieux ? »

Cette question revient systématiquement, et c’est exactement ce dont nous allons parler aujourd’hui.

Le TDAH adulte : Une réalité méconnue mais bien présente

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 6,76% de la population adulte présente des symptômes de TDAH, soit près d’une personne sur quinze ! Pourtant, combien d’entre nous connaissons réellement ce trouble au-delà des clichés de l’enfant hyperactif qui ne tient pas en place ?

Dans ma pratique, je rencontre des adultes brillants, créatifs, souvent hypersensibles, qui ont développé mille et une stratégies pour compenser leurs difficultés. Sarah, 34 ans, cadre dans une entreprise tech, qui utilise quinze alarmes différentes pour s’organiser. Marc, 42 ans, entrepreneur à succès, qui ne peut travailler efficacement que dans l’urgence. Ou encore Émilie, 28 ans, qui a l’impression d’avoir le cerveau en permanence dans le brouillard malgré un QI élevé.

Ce qui me frappe le plus, c’est que beaucoup arrivent en consultation en s’excusant : « Je sais que ce n’est pas vraiment une maladie… » Stop ! Le TDAH est une différence neurologique réelle, avec des bases biologiques solides. Ce n’est ni un manque de volonté, ni un défaut de caractère.

Une vision neuro-affirmante du TDH

Plutôt que de parler de « déficit », j’aime adopter une approche neuro-affirmante : le cerveau TDAH fonctionne différemment, avec ses forces et ses défis. Les recherches montrent des différences structurelles au niveau du cortex préfrontal, des ganglions de la base et du cervelet, ainsi que des particularités dans la régulation des neurotransmetteurs.

Cette différence de fonctionnement explique pourquoi les personnes avec TDAH peuvent être exceptionnellement créatives, capables d’hyperfocus sur leurs passions, tout en ayant des difficultés avec l’organisation quotidienne ou la gestion des tâches routinières.

D’ailleurs, un phénomène particulièrement marquant : l’augmentation des diagnostics chez les femmes adultes. Entre 2020 et 2022, le nombre de femmes de 23 à 49 ans nouvellement diagnostiquées a doublé ! Cela s’explique par des décennies de sous-diagnostic, les femmes présentant souvent des symptômes plus « internalisés » : rêverie, distractibilité, anxiété, plutôt qu’hyperactivité visible.

L’approche naturelle : voir la personne dans sa globalité

Quand je reçois quelqu’un avec un TDAH, je ne vois pas seulement des neurotransmitters déséquilibrés. Je vois un écosystème complexe où six domaines principaux interagissent :

1. La neuroinflammation : Les recherches récentes montrent que l’inflammation chronique peut aggraver les symptômes du TDAH. Certaines personnes arrivent en consultation avec des marqueurs inflammatoires élevés, des allergies alimentaires non diagnostiquées, ou un stress oxydatif important.

2. Les déficiences nutritionnelles et la génétique : Il est frappant de constater à quel point certaines carences sont fréquentes. Dans une étude, 84% des enfants avec TDAH présentaient un taux de ferritine bas, contre seulement 18% des témoins. Chez les adultes que je vois, les carences en fer, zinc, vitamine D, B12 et oméga-3 sont légion.

3. L’axe intestin-cerveau : « J’ai des problèmes digestifs depuis toujours » est une phrase que j’entends très souvent. Le lien entre santé intestinale et fonction cérébrale n’est plus à démontrer. Une dysbiose peut affecter la production de neurotransmetteurs et augmenter l’inflammation systémique.

4. Les fluctuations hormonales : Particulièrement chez les femmes, les symptômes du TDAH peuvent considérablement varier selon le cycle menstruel. « Je suis complètement à côté de mes pompes avant mes règles » est un témoignage récurrent.

5. La santé métabolique : Hypoglycémies, résistance à l’insuline, dysfonctions thyroïdiennes… Tous ces éléments peuvent mimer ou aggraver les symptômes du TDAH.

6. Le stress et l’épuisement : Le « burnout TDAH » est réel ! Constamment compenser ses difficultés demande une énergie considérable.

Les neurotransmetteurs : Comprendre pour mieux agir

Au cœur du TDAH, nous trouvons un déséquilibre de trois neurotransmetteurs principaux :

La dopamine, notre carburant de motivation. Quand elle manque, c’est la procrastination, la difficulté à initier les tâches, la recherche compulsive de stimulation (réseaux sociaux, sucre, caféine…). Pour la soutenir naturellement, nous pouvons agir sur plusieurs fronts :

  • Apporter son précurseur, la tyrosine (1000mg par jour)
  • Optimiser ses cofacteurs, notamment le fer (attention, uniquement si carence avérée !)
  • Utiliser des plantes comme la rhodiola, qui améliore la transmission dopaminergique

La noradrénaline, essentielle pour l’attention et la gestion du stress. Sa dysrégulation entraîne brouillard mental, difficultés de concentration, fatigue matinale. La vitamine C (attention au timing avec les médicaments stimulants !) et le ginseng peuvent aider à la soutenir.

La sérotonine, régulatrice d’humeur et d’impulsivité. Plutôt que de supplémenter directement en précurseurs (ce qui peut être dangereux), je préfère optimiser les cofacteurs comme les vitamines B6, B3, et B2, et utiliser des plantes comme le safran, qui a montré une efficacité comparable à la méthylphénidate dans une étude !

L’approche nutritionnelle ciblée

Chaque personne est unique, mais certains patterns reviennent régulièrement. Voici ce que je teste systématiquement :

Le fer : Indispensable pour la synthèse de dopamine. L’enzyme tyrosine hydroxylase qui convertit la tyrosine en L-DOPA est ferro-dépendante. Sans fer, pas de dopamine efficace ! Mais attention, on ne supplémente qu’en cas de déficience avérée.

La vitamine D : 78,4% des personnes avec TDAH présentent une carence, contre 48% de la population générale. Au-delà de son rôle dans l’immunité, elle participe à la régulation dopaminergique.

Les vitamines B12 et folates : Essentielles pour le système nerveux et souvent déficientes, particulièrement chez les personnes avec des variants génétiques comme MTHFR.

Le magnésium : Le minéral de la détente ! Il régule les neurotransmetteurs et améliore la qualité du sommeil. Je privilégie le glycinate de magnésium, mieux toléré.

Les oméga-3 : L’inflammation neurologique étant fréquente dans le TDAH, des oméga-3 riches en EPA (plus anti-inflammatoire que DHA) sont souvent bénéfiques.

Vous pourrez retrouver tous les compléments dans mon guide : les (bons) compléments alimentaires pour le TDAH adulte.

L’importance de la personnalisation génétique

Un aspect fascinant de mon travail, c’est de constater l’impact des variations génétiques. Par exemple :

Les porteurs du variant COMT « lent » métabolisent moins rapidement la dopamine. Paradoxalement, ils peuvent être plus sensibles au stress mais aussi mieux répondre à certaines approches naturelles.

Les variations MTHFR affectent la méthylation et peuvent nécessiter des formes spécifiques de B9 et B12.

Ces informations permettent vraiment de personnaliser l’approche !

Cas concrets de ma pratique

Marie, 38 ans, diagnostiquée à 35 ans, arrivait épuisée avec des symptômes qui s’aggravaient. Bilan : carence en fer sévère, vitamine D effondrée, dysbiose intestinale. Après 6 mois d’accompagnement naturopathique (fer, probiotiques, oméga-3, gestion du stress), elle a pu réduire sa dose de médicament de moitié, avec une amélioration notable de son énergie et de sa concentration.

Thomas, 29 ans, développeur, se plaignait de crashes énergétiques terribles l’après-midi. Investigation : hypoglycémies réactionnelles, déficit en magnésium. Protocole : rééquilibrage alimentaire, magnésium, chrome pour la régulation glycémique. Résultat : stabilité énergétique retrouvée.

Je précise bien : je ne prône jamais l’arrêt des médicaments ! Mon rôle est d’optimiser le terrain pour que les traitements conventionnels soient plus efficaces et mieux tolérés.

Vos premiers pas vers un mieux-être naturel si vous êtes concernés par le TDAH

Si vous vous reconnaissez dans cette description, voici par où commencer :

1. Faites un bilan complet : fer (ferritine), vitamine D, B12, folates, thyroïde. Ces éléments de base peuvent expliquer une partie des symptômes.

2. Observez vos patterns énergétiques : À quels moments êtes-vous le plus/moins performant ? Y a-t-il des déclencheurs alimentaires ? Des cycles particuliers ?

3. Commencez par les fondamentaux : alimentation stable en protéines, hydratation, sommeil régulier, activité physique adaptée.

Ces trois étapes constituent déjà une base solide pour améliorer votre qualité de vie !

L’accompagnement personnalisé : La clé du succès

Chaque personne avec TDAH est unique. Ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionnera pas forcément pour l’autre. C’est pourquoi j’ai développé une approche structurée mais personnalisable, que je transmets dans ma formation « Créez votre protocole TDAH au naturel » disponible sur navae.fr.

Cette formation vous permet d’acquérir une réelle autonomie dans la gestion naturelle du TDAH, que ce soit pour vous-même ou pour accompagner un proche. Nous abordons tous les aspects : de l’optimisation des neurotransmetteurs à la gestion du stress, en passant par la personnalisation selon les profils génétiques.

L’objectif ? Que vous puissiez créer votre protocole sur mesure, en totale autonomie, avec les outils et connaissances nécessaires pour ajuster votre approche selon vos besoins évolutifs.

Un message d’espoir

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que le sujet vous touche. Peut-être vivez-vous avec un TDAH, ou accompagnez-vous quelqu’un dans cette situation. Je veux que vous sachiez une chose : il y a de l’espoir.

Le TDAH n’est pas une fatalité. Oui, c’est un défi quotidien, mais c’est aussi une différence qui peut devenir une force quand elle est bien comprise et accompagnée. Les approches naturelles ne remplacent pas les traitements conventionnels, mais elles offrent des outils complémentaires précieux pour optimiser votre bien-être.

Dans ma pratique, je vois régulièrement des transformations remarquables quand les bonnes stratégies sont mises en place. Des adultes qui retrouvent leur énergie, leur motivation, leur joie de vivre. Des femmes qui cessent de subir leurs cycles hormonaux pour apprendre à les apprivoiser. Des professionnels qui découvrent enfin comment optimiser leur cerveau unique.

Votre cerveau TDAH n’est pas cassé. Il fonctionne différemment, et cette différence mérite d’être comprise, respectée et optimisée avec les bons outils.


Loïc Ternisien est Ingénieur en Prévention-Santé et Herboriste-Naturopathe et auteur. Il accompagne le TDAH chez l’adulte et l’enfant. Il propose une formation complète « Créez votre protocole TDAH au naturel » sur Navae pour acquérir une autonomie complète dans cette approche holistique.


Pour aller plus loin :

Prenez soin de vous, et n’oubliez jamais : votre différence peut devenir votre force ! 🌟

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