Les fascias, des éléments importants du Système Tenségral

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Longtemps considérés comme de simples membranes entourant nos organes et nos muscles, les fascias étaient les grands oubliés de la médecine. Pourtant, ils sont présents dans tout notre corps. Véritable canevas biologique, ils relient, à la manière d’une toile d’araignée, tous les constituants de notre anatomie. Découvrons les fascias, notre deuxième squelette et bien plus encore.

Qu’est-ce que les fascias ?

Imaginez que vous pelez une orange. Vous retirez la peau épaisse pour laisser apparaître une protection blanchâtre qui recouvre le fruit et sépare les différentes parties. Ôtez cette membrane et vous observez une gaine plus mince qui englobe chaque quartier. À présent, coupez l’agrume pour détacher la pulpe. Que remarquez-vous ? Elle est, à son tour, entourée d’une fine pellicule.

À l’instar de notre orange, le corps humain est parcouru par les fascias : un ensemble de tissus fibreux qui enveloppent les muscles, les organes, les vaisseaux, les nerfs et connectent les os. En un mot, ces tissus sont omniprésents de la tête aux pieds, mais aussi en surface comme en profondeur.

Ces différentes membranes, d’épaisseurs variables, se structurent en un réseau tridimensionnel et continu qui peut à la fois être souple, dense ou fibreux : le système fascial. Tel un ensemble de chaînes et de poulies, ce dernier s’organise pour engager les muscles sollicités lors de la marche ou de la course, par exemple. Il garantit la coordination globale et favorise l’harmonie des mouvements.

Mais la définition des fascias ne se limite pas à l’appareil musculosquelettique. Véritables éléments du Système Tenségral, ils assurent une fonction de Mise en Relation et ne peuvent en aucun cas être considérés comme des composants passifs de notre anatomie. Si cette croyance a longtemps fait foi, on sait désormais qu’il n’en est rien : les progrès de l’imagerie médicale, notamment l’échographie à haute résolution, on permit d’observer, en autres, les contractions autonomes de ces tissus.

Explorer l’anatomie des fascias

Les fascias sont présents dans tout l’organisme. C’est d’ailleurs l’un des constituants du corps humain le plus représenté, car leur poids total est d’environ 20 kg chez un individu adulte.

De quoi se compose le fascia ?

Véritable tissu biologique, le fascia est formé d’eau à 60 % et de protéoglycane, un mélange de protéines et de glucides qui agit comme une éponge, ce qui lui confère une texture gélatineuse et humide.

Ce n’est pas tout, on y trouve aussi du collagène et de l’élastine, 2 protéines indispensables à la solidité et à la souplesse de cette membrane organique. Enfin, il contient de nombreuses cellules parmi lesquelles des éléments immunitaires comme les lymphocytes, les granulocytes, les mastocytes ou les macrophages.

Leur structure tenségrale (qui combine des forces de tensions et des forces de compressions en alternance) leur permet de s’adapter, de s’accorder à l’environnement tout en maintenant leur volume.

Différents types de fascias

Vous l’aurez compris, les fascias sont présents dans tout l’organisme. On retrouve ces derniers dans divers composants anatomiques comme les os, les ligaments, les tendons, les muscles, les tissus adipeux, les articulations, les vaisseaux sanguins, les nerfs, la moelle épinière, mais aussi les organes comme le cœur ou le cerveau.

Pour expliquer cela, on peut désigner 4 types de fascias :

  • le fascia superficiel, qui se trouve directement sous la peau ;
  • le fascia axial périphérique, un élément rigide qui enveloppe le système musculosquelettique ;
  • le fascia dure-mérien qui constitue les membranes des méninges ;
  • le fascia dit viscéral, splanchnique ou encore fascia axial profond, qui protège le système digestif.

Quel est le rôle des fascias ?

L’anatomie de ces tissus leur confère des propriétés mécaniques et physiologiques particulières. Ces membranes longtemps considérées, à tort, comme passives, sont des éléments-clés qui assurent différentes fonctions au sein de l’organisme.

Soutien de l’intégrité anatomique

Les fascias sont les garants de l’intégrité corporelle, car ils maintiennent en place tous les éléments viscéraux, musculaires ou osseux. Ils ont un rôle de fixation, mais aussi de soutien. Ainsi, vos vertèbres, par exemple, ne reposent pas empilées les unes sur les autres : grâce à ce tissu conjonctif, elles sont correctement distancées pour autoriser la mobilité.

Alternance des tensions et des compressions

Les fascias musculaires alternent successivement 2 états pour autoriser le mouvement : ils s’approchent et s’éloignent lors d’une contraction ou d’un étirement, et cela, indépendamment des muscles auxquels ils sont liés. On dit qu’ils ont une contractibilité autonome. Autre point intéressant : cette membrane fibroélastique s’adapte aux contraintes qu’elle subit et sa rigidité augmente en fonction de la tension qu’elle endure.

Amortissement

Véritable protecteur, le fascia agit comme un tampon amortisseur entre la zone qu’il recouvre et les interactions externes. En cas de traumatisme, sa viscoélasticité lui permet d’absorber une partie de l’énergie du choc. Ainsi, il se comporte à la manière d’un revêtement qui canalise les tensions et limite les dommages hémorragiques.

Transmission et coordination

Au-delà des aspects mécaniques, les fascias jouent un rôle neurologique. Ils contiennent de nombreux capteurs reliés au système nerveux végétatif, ce qui en fait le plus grand organe sensoriel du corps humain. Le tissu conjonctif est donc richement innervé et échangeant.

Comment masser les fascias ?

En cas de gène ou d’inconfort, ces tissus peuvent être massés de différentes façons. On peut, par exemple, pratiquer un automassage tout en douceur pour soulager quelques tensions ou faire appel à un professionnel. La douleur est installée ? Il est possible d’explorer ce message selon les principes de la permathérapie.

L’automassage des fascias : un geste à pratiquer avec prudence

Vous le savez, les fascias sont partout, mais lorsque l’on pratique l’automassage, on se concentre particulièrement sur l’enveloppe musculaire.

Pour soulager les fessiers, les dorsaux ou les cuisses, plusieurs approches :

  • la technique du palper-rouler ;
  • les accessoires d’automassage comme les balles ou les rouleaux.

Quel que soit votre choix, vous devez, avant tout, respecter votre corps en limitant, à la fois, l’intensité de la pression exercée et le temps de la séance. En règle générale, les automassages durent quelques minutes seulement.

Faire appel à un professionnel

La fasciathérapie est une technique manuelle de soin apparue dans les années 80. Elle est employée par diverses approches de santé et de bien-être comme la kinésithérapie, l’ostéopathie, l’acupuncture, le Pilate ou le yoga. Le praticien exerce des points d’appui et des étirements légers pour favoriser l’autorégulation naturelle de l’organisme.

Jadis, grands oubliés de la médecine, les fascias sont donc les clés de voûte qui soutiennent les différents éléments du corps, mais leur rôle ne se limite pas à cette fonction « architecturale ». Ils sont, entre autres, acteurs dans la transmission des influx nerveux ou des réponses immunitaires.

Cet article a 4 commentaires

  1. BOLLARD André

    Excellent article qui synthétise l’essentiel avec précision et concision. Merci !
    Les fascias sont aussi appréhendées dans les thérapies cranio-sacrées, intégrées à la kinésithérapie, l’ostéopathie ou la kinésiologie.

    1. Loïc

      En effet. Heureusement des approches considèrent le fascia avec plus d’intérêts 🤗☺

  2. Antony Baranger

    Merci.

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