Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi prendre une décision pouvait être si difficile ? Pourquoi choisir une option plutôt qu’une autre génère tant d’hésitation, voire d’angoisse ? Souvent, on entend dire que « choisir, c’est renoncer » (la célèbre maxime d’André Gide). Mais cette perspective n’est-elle pas un peu trop réductrice ? Et si choisir, c’était avant tout accepter ? Accepter ce que l’on est, accepter ce que l’on veut vraiment vivre, et surtout, accepter pleinement les conséquences de nos choix. Cette vision plus enthousiasmante nous donne la possibilité d’appréhender nos décisions avec plus de sérénité et de conviction.
De la frustration à l’affirmation de soi
Dans notre vie personnelle, chaque prise de décision importante – un partenaire, un lieu de vie, avoir des enfants ou non – comporte inévitablement une dimension de renoncement. Choisir un certain type de relation implique nécessairement d’autres voies relationnelles que nous n’empruntons pas, tout comme choisir de vivre à un endroit exclut d’autres lieux de vie possibles.
L’acceptation comme affirmation de soi
Insister sur l’acceptation plutôt que sur le renoncement permet de vivre ces décisions comme un acte d’affirmation personnelle et non comme une frustration permanente. Chaque choix personnel est un acte courageux face à l’incertitude.
Le philosophe Jean-Paul Sartre affirme que « l’homme est condamné à être libre », soulignant la responsabilité inhérente à chaque choix. Cette liberté est source d’angoisse, certes, mais elle est aussi la condition même de notre épanouissement personnel.
Choisir en acceptant pleinement notre décision, c’est ainsi construire activement notre identité et donner du sens à notre vie.
Les conséquences émotionnelles des choix
Prendre une décision implique aussi d’accepter les conséquences émotionnelles : le soulagement, parfois mêlé au regret ou à la culpabilité.
L’acceptation permet alors d’intégrer ces émotions de façon constructive, évitant le piège des regrets permanents et des ruminations inutiles.
Au-delà des compromis, une liberté assumée
La sphère professionnelle nous confronte à de nombreux choix impliquant des compromis apparents : un poste prestigieux mais exigeant, une sécurité d’emploi au détriment de certaines passions, ou un projet entrepreneurial audacieux mais risqué. La phrase « choisir, c’est renoncer » nous focalise ces aspects qui sont des freins à l’action.
L’affirmation positive par l’acceptation
Pourtant, en adoptant l’idée que « choisir, c’est accepter », nous mettons l’accent sur l’affirmation positive de notre liberté et sur notre capacité à assumer pleinement notre parcours professionnel.
Chaque décision professionnelle exige une hiérarchisation claire des valeurs et des objectifs personnels. Par exemple, accepter une promotion implique souvent des responsabilités accrues, un stress supplémentaire, mais aussi des opportunités de développement professionnel et personnel.
L’attitude face aux contraintes
Le psychiatre Viktor Frankl, auteur de Découvrir un sens à sa vie, nous rappelle que même dans les contextes professionnels les plus contraignants, nous conservons la liberté fondamentale de choisir notre attitude face à ces contraintes.
Cette approche transforme les compromis en choix actifs et assumés, permettant une vie professionnelle plus sereine et saine.
Accepter ses limites pour mieux vivre
Dans le domaine de la santé, prendre une décision est souvent nécessaire : il s’agit alors de renoncer à certaines libertés ou plaisirs immédiats pour préserver ou améliorer notre bien-être à long terme.
Un traitement médical contraignant ou un changement radical de mode de vie peuvent être perçus comme des renoncements difficiles.
Prendre un décision en conscience comme une stratégie d’adaptation
Toutefois, mettre l’accent sur l’acceptation plutôt que sur la perte transforme profondément notre rapport à ces décisions.
Accepter une maladie ou une limitation physique n’est pas se résigner passivement, mais plutôt choisir consciemment de vivre pleinement en intégrant cette réalité dans notre existence.
L’acceptation de soi selon Carl Gustav Jung
Carl Gustav Jung affirmait que « la chose la plus terrifiante, c’est de s’accepter soi-même ». Pourtant, c’est justement cette acceptation qui ouvre la voie vers le changement et l’amélioration authentiques.
L’acceptation active de notre état de santé permet de mobiliser efficacement nos ressources internes, favorisant ainsi la guérison, l’adaptation ou le mieux-être. Cette approche constructive permet également de réduire les souffrances liées au déni ou à la révolte contre une réalité inévitable.
Choisir et accepter : une philosophie du quotidien
Le fait de « choisir et accepter » constitue une philosophie de vie quotidienne particulièrement riche.
Chaque fois que nous devons prendre une décision, c’est une occasion d’exercer pleinement notre liberté, avec tout ce qu’elle comporte d’imprévisible.
Il nous invite à dépasser la simple logique du renoncement, souvent associée à la frustration ou à la nostalgie, pour entrer dans une logique positive d’accueil et d’intégration consciente des réalités de notre vie.
Choisir en pleine conscience pour vivre pleinement
En envisageant que « choisir, c’est accepter » plutôt que simplement renoncer, nous enrichissons considérablement notre rapport à la vie. Chaque prise de décision devient une opportunité d’assumer pleinement notre liberté, d’affirmer notre identité et de vivre en accord avec nos valeurs profondes.
En acceptant consciemment les implications de nos décisions, nous nous offrons la possibilité de nous épanouir véritablement et de mener une vie authentique, consciente et sereine.
Ainsi, choisir avec acceptation ne signifie pas renoncer tristement, mais plutôt accueillir courageusement tout ce qui fait partie intégrante de notre existence, nous permettant ainsi de construire une vie pleinement vécue et assumée.
Sources :
- Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, 1946.
- Viktor E. Frankl, Découvrir un sens à sa vie, 1946.
- Carl Gustav Jung, Ma vie. Souvenirs, rêves et pensées, 1961.




