L’aromathérapie : une médecine alternative ?

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L’aromathérapie a le vent en poupe ! L’utilisation des huiles essentielles séduit de plus en plus un public amateur de médecines naturelles, plus respectueuses du corps humain, mais aussi du monde naturel dont nous faisons tous partie. Dans cette optique, l’aromathérapie est considérée comme une solution d’échange pour tous ceux qui souhaitent se libérer du recours systématique aux médicaments chimiques.

On les retrouve dans la pratique allopathique et, de plus en plus, en association avec les disciplines appartenant au champs des traditions médicales chinoises et ayurvédiques (acupuncture, etc.). Alors, l’aromathérapie : une médecine alternative ? En réalité, non, et je vais vous expliquer pourquoi.

L’aromathérapie est-elle une médecine alternative ?

Une médecine alternative, c’est quoi ?

Qu’est-ce qu’une médecine alternative ? Quelle en est la définition ? L’expression a-t-elle un sens ? Une alternative ne peut exister que par relation avec un objet qu’elle prétend remplacer. De quoi parle-t-on ici ?

La plupart du temps, lorsqu’on dit médecine, on pense aux pratiques conventionnelles occidentales qui se sont principalement développées au XIXème siècle. Celles-ci se fondent sur la science et, de nos jours, elles utilisent surtout la chimie de synthèse. Cependant, cette approche allopathique n’est qu’une vision parmi d’autres du corps humain et de la santé en général. D’autres médecines l’ont précédée : la médecine chinoise, par exemple, ou encore la médecine ayurvédique (indienne).

Chacune de ses approches envisage l’homme et la femme, leur anatomie, leur physiologie de manière bien spécifique. Et, bien sûr, toutes proposent leur propre point de vue sur la façon dont il convient de soigner l’être humain.

Communiquer entre les médecines

Cela entraîne de grosses difficultés de compréhension entre les doctrines, car chacune d’entre elles repose sur des sagesses et des modes de pensées parfois irréconciliables. La définition de la santé par l’OMS (« le bien-être physique et mental ») n’est pas celle de la médecine chinoise, qui met au cœur de ses préoccupations l’énergie vitale appelé « Qi ». D’ailleurs, la médecine alternative a sa propre définition selon l’OMS : c’est la médecine « traditionnelle », « douce », « parallèle ». Parallèle à quoi ? Alternative à quoi ? À la médecine qui fait autorité de manière historique dans un pays donné, c’est-à-dire, en Occident, à la médecine allopathique.

Dans ce contexte, quelle place tient l’aromathérapie ? Est-elle un exemple de médecine alternative ?

L’histoire de l’aromathérapie

L’aromathérapie : une médecine alternative et, qui plus est, ancestrale si l’on en croit l’aura qui entoure les huiles essentielles depuis quelques décennies ! On a l’impression que ces huiles sont utilisées depuis la nuit des temps par l’être humain dans le soulagement de toutes les affections. En réalité, cette image d’Épinal est plus subtile.

Une origine contreversée

Dans la très haute Antiquité égyptienne (il y a plus de six mille ans), il existait bien certaines huiles dites « essentielles », mais celles-ci n’étaient pas produites par un processus de distillation au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Il s’agissait d’essences moins pures que celles qui sont produites grâce à l’alambic moderne.

Or, celui-ci a été inventé vers l’an 1 000 par le philosophe et médecin persan Avicenne.

Il a bien sûr été modifié depuis mais, de manière conventionnelle, on s’accorde à dater de cette époque la naissance des huiles essentielles telles que nous les connaissons aujourd’hui.

Le principe de l'alambic moderne a été inventé par Avicenne puis amélioré qu fil des siècles
Le principe de l’alambic moderne a été inventé par Avicenne puis amélioré qu fil des siècles

Les huiles essentielles en tant que telles n’existent donc pas à l’origine des médecines énergétiques traditionnelles telles que la médecine chinoise, tibétaine ou ayurvédique. Cependant, celles-ci ont utilisé de tout temps une pharmacopée végétale qui peut prendre diverses formes : infusions ou décoctions de plantes (sèches ou fraîches) ou macérats huileux.

Les propriétés médicinales des huiles essentielles trouvent un écho dans certains des principes fondateurs de la médecine chinoise, notamment la théorie des Cinq Éléments qui s’est développée pendant la période des Royaumes Combattants (476-221 avant J.-C.). L’Inde est également un pays dans lequel les parfums sont abondamment utilisés en médecine et les huiles essentielles ont fini par s’intégrer naturellement aux pratiques ayurvédiques.

L’aromathérapie aujourd’hui

La conquête du monde de la médecine par l’aromathérapie ne s’arrête pas là. Après les découvertes scientifiques fondamentales du XIXème siècle, les composants chimiques des huiles essentielles ont été mis au jour et cela leur a donné une crédibilité nouvelle. Il a cependant fallu attendre les dernières décennies pour voir se développer l’usage des huiles essentielles dans les pratiques thérapeutiques, y compris conventionnelles.

En cause : l’intérêt croissant des populations pour des médecines plus naturelles, mais aussi la possibilité qu’ont les scientifiques de pouvoir vérifier leurs bénéfices thérapeutiques par des études cliniques. Dans le domaine de la phytothérapie, les huiles essentielles sont parmi les rares extraits de plantes à avoir été adoubées par la médecine allopathique.

L’aromathérapie : une médecine alternative, non, un outil puissant, oui

Les huiles essentielles jouent de plus en plus un rôle aux côtés des pratiques médicales conventionnelles. On peut facilement le comprendre grâce au recul scientifique que l’on a désormais sur ces produits.

Les huiles essentielles contiennent des molécules et des principes actifs qui ont pu être décryptés grâce aux dernières découvertes scientifiques. Ces principes actifs agissent de la même manière que les médicaments. Les huiles essentielles peuvent donc être utilisées dans une approche conventionnelle exactement comme un antibiotique. On les essaie et on observe si la bactérie survit ou non à leur contact.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que certains médicaments ont été inspirés par des plantes ou des huiles essentielles. C’est le cas de l’aspirine (acide acétylsalicylique), qui a été synthétisée à partir de l’observation de l’acide salicylique présent dans l’écorce de bouleau et de saule et dans la reine des prés. Ce composant est également proche de l’acétate de méthyle que l’on retrouve dans l’huile essentielle de gaulthérie (Gaultheria Procumbens).

l'écorce de saule blanc est riche en dérivés salicylés, à l'origine de l'aspirine
l’écorce de saule blanc est riche en dérivés salicylés, à l’origine de l’aspirine

Un alternative aux traitements de la médecine conventionnelle

C’est pourquoi les huiles essentielles sont fréquemment utilisées dans les sociétés occidentales exactement comme le serait un médicament. On dépose quelques gouttes sur un comprimé neutre (qui ressemble fortement à un cachet) avant de l’avaler ; on le mélange à du miel et on l’ingère comme un sirop ; etc. Le tout à des fréquences et selon des quantités qui ont tout d’une posologie médicamenteuse classique. Rien d’étonnant à ce que l’aromathérapie fasse désormais l’objet de formations pour les soignants.

Les huiles essentielles peuvent cependant s’utiliser de manière toute différente et être des accompagnantes dans la pratique des médecines chinoises et ayurvédiques. On parle par exemple d’aromathérapie énergétique. Dans ce contexte, l’huile essentielle devient plus qu’une simple combinaison de molécules.

Elle prend un aspect vibratoire qui entre en résonance avec les principes fondamentaux des médecines holistiques traditionnelles. L’huile essentielle peut ainsi accompagner les pratiques thérapeutiques d’acupuncture ou de réflexologie, qui pensent les symptômes comme les effets de blocages énergétiques. Elle est alors appliquée sur des points précis du corps, tels que les méridiens en médecine énergétique chinoise ou les chakras en médecine indienne. On parle parfois d’aromathérapie ayurvédique ou d’aromathérapie des chakras.

Une réalité nuancée

Alors, l’aromathérapie : une médecine alternative ? Nous l’avons vu, la réalité est plus nuancée. Les huiles essentielles ne véhiculent pas avec elle une pensée thérapeutique globale, à la manière des approches chinoises et ayurvédiques ou de la médecine conventionnelle occidentale. En revanche, elles sont depuis des siècles des outils indiscutablement efficaces de toutes les pratiques thérapeutiques. En cela, elles méritent tout notre intérêt et justifient la place importante qu’elles sont en train de prendre dans la pharmacopée multiculturelle mondiale. Prenez connaissance de leurs propriétés exceptionnelles dans mes fiches solution-phyto !

L'aromathérapie, une médecine alternative ? Un autre regard sur ce soin.

Article rédigé grâce à Marie Tetart, rédactrice web SEO

Cet article a 3 commentaires

  1. Carole

    Tellement d’accord avec cet article !
    Il y a souvent confusion entre les outils et le système de pensée qui préside à une médecine.
    Dirait-on que les médicaments sont une médecine ? Non et bien pour les huiles essentielles c’est la même chose. On peut par extension aussi parler des Fleurs de Bach, de la phyto, de l’utilisation de l’eau…
    Loin de moi l’idée de sous-estimer l’importance de ces différents outils mais c’est comme tout, si on n’a aucun code pour s’en servir…
    Merci donc pour cette démonstration bien étoffée.

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Loïc

Professionnel de santé, diplômé en masso-kinésithérapie, je m’intéresse aux pratiques de soin centrées sur la personne. Conférencier et formateur, j'exerce depuis plus de 15 ans. J'ai complété mes connaissances par une formation universitaire en Fasciathérapie (4 ans), l'apprentissage de la Microkinésithérapie (3 ans), des Réflexologies (5 ans), du Shiatsu (Minna san do so). L'aromathérapie, l'hydrolathérapie, la gemmothérapie et l'homéopathie sont venues enrichir mon travail pour rendre la personne actrice de son soin et autonome.