Se soigner avec les plantes : 7 erreurs à éviter absolument

Cet article est lu en 5 minutes, le temps de prendre une petite tisane et une belle respiration ?

Vous est-il déjà arrivé de cueillir de la camomille sans vous préoccuper de quel type de camomille il s’agissait ? Ou peut-être avez-vous déjà acheté de l’huile essentielle d’eucalyptus sans prêter attention à son nom complet ? Pire : vous avez déjà remplacé un médicament de synthèse par une plante sans en référer à un spécialiste. Ces fautes ne sont pas sans conséquence sur votre santé ! Vous souhaitez profiter des bienfaits de la phytothérapie sans prendre de risque ? Apprenez tout de suite à éviter les 7 erreurs les plus fréquentes quand on veut se soigner avec les plantes

Débuter avec les plantes médicinales , les erreurs à éviter
Débuter avec les plantes médicinales : les 7 erreurs à éviter absolument

Erreur n°1 : Confondre plante et principe actif

« Le principe actif et la plante, c’est la même chose ! » Eh bien pas du tout ! 

Cette idée nous vient de la médecine conventionnelle. En effet, un médicament de synthèse est généralement issu d’un seul principe actif, c’est-à-dire d’une molécule ciblée. Or, la plante est composée d’un grand nombre de constituants. On appelle cet ensemble le totum. Les différentes molécules du totum vont agir en synergie, créant une combinaison spécifique qui peut tendre vers un équilibre ou au contraire augmenter la toxicité de la plante. Par exemple, les propriétés antidépressives de l’alcoolature de Millepertuis (Hypericum perforatum) proviennent de la complémentarité de ses constituants actifs et non d’un seul principe actif pris isolément. 

Erreur n°2 : Ne pas faire la différence entre les différents extraits 

« Je n’ai pas d’huile essentielle donc je vais utiliser l’hydrolat à la place ! » Chassez ce réflexe ! 

Les extraits d’une même plante n’ont pas les mêmes propriétés. Quand on cherche à se soigner naturellement, il faut bien faire la différence entre huile essentielle, hydrolat, élixir de bourgeon et élixir floral par exemple. Chacun est issu d’une méthode d’extraction spécifique (macération à froid, distillation à la vapeur d’eau…), réalisée à partir de substances différentes (eau, alcool, glycérine…). Ces procédés vont modifier le totum de la plante et ainsi créer une nouvelle synergie entre les principes actifs. Ainsi, une huile essentielle de Tea tree (Melaleuca alternifolia) n’aura pas les mêmes propriétés que l’hydrolat de Tea tree. Autrement dit, pour une indication particulière on utilisera un extrait spécifique.

Pour se soigner avec les plantes, il faut bien choisir son extrait de plante.
Ici un champ de Camélia (Camelia sinensis). Cette plante produit un huile végétale et… le thé. Ils ont tous deux des propriétés bien différentes.

Erreur n°3 : Choisir plusieurs plantes d’emblée 

« Pour mettre toutes les chances de mon côté, je vais utiliser plusieurs plantes. » Ne le faites pas !

Croire qu’on obtiendra de meilleurs résultats en accumulant des plantes ayant la même indication est injustifié. On se retrouve là dans une vision conventionnelle du traitement médical, où le médecin fixe un dosage pour chaque médicament. Dans une démarche de permathérapie, le premier réflexe à adopter est de trouver la meilleure plante en fonction de son propre terrain et de ses besoins du moment. C’est le rôle du thérapeute de vous guider dans ce choix. 

Erreur n°4 : Remplacer un médicament par une plante

Vous pensez qu’il suffit de remplacer une molécule de synthèse par une molécule naturelle pour soulager les troubles dont vous souffrez ? Vous vous trompez ! 

On l’a vu, une plante ne se résume pas à une seule molécule. C’est son ensemble, son totum, qu’il faut prendre en considération. On ne peut donc pas substituer le principe actif d’un médicament par une plante

De plus, la permathérapie introduit une logique de soin bien spécifique. Choisir une plante pour vous soigner signifie connaître votre terrain, votre physiologie, votre pathologie en elle-même et son évolution. Ce travail se fait obligatoirement avec un thérapeute. 

Enfin, certains médicaments présentent un risque de sevrage ou un risque de contrecoup. Il ne faut donc pas les arrêter brutalement sans l’avis de la personne qui vous les a prescrits

Se soigner avec les plantes en signifie pas opposer médecine de synthèse et médecine des plantes mais chercher la médecine qui convient le mieux à la situation.
Se soigner avec les plantes en signifie pas opposer médecine de synthèse et médecine des plantes mais chercher la médecine qui convient le mieux à la situation.

Erreur n°5 : Espérer un miracle

Vous vous attendez à ce que les plantes vous guérissent de tout en un temps record ? Impossible ! 

Il faut tout d’abord prendre en compte la pharmacocinétique, c’est-à-dire le devenir des constituants actifs de la plante une fois celle-ci absorbée. Tout comme un médicament, une plante possède une vitesse et une durée d’action, qui lui sont spécifiques. 

En outre, même si la phytothérapie est une médecine puissante, certains problèmes de santé se soignent mieux avec des molécules de synthèse. Par exemple, à la suite d’une ablation de la thyroïde, il est nécessaire de prendre des hormones thyroïdiennes.

De plus, il faut garder à l’esprit que certaines plantes ne fonctionnent pas forcément sur tout le monde.

Erreur n°6 : Attendre plusieurs mois avant d’avoir un résultat

« Avec une plante, on doit attendre longtemps avant d’avoir des résultats. » Eh bien non !

La plante ne met pas plus de temps à agir qu’une molécule de synthèse, elle met un temps spécifique. Une fois encore, ce délai dépend de la pharmacocinétique, qui est propre à chaque plante et à chaque pathologie. Il n’y a pas donc pas de règle absolue : le laps de temps avant de ressentir les bienfaits d’un traitement est variable. Par exemple, utiliser de l’huile essentielle d’immorelle (Helichrysum italicum) sur un hématome procurera un soulagement instantané.

Attendre en vain des résultats peut être le signe que la plante ne vous convient pas. 

Erreur n°7 : Utiliser une plante mal identifiée

« Je peux utiliser n’importe quelle plante d’une même famille sans danger ». C’est faux ! 

Je vous encourage à cueillir des plantes médicinales, toutefois, quelques mises en garde sont nécessaires. En plus de prêter attention à l’environnement et aux conditions de pousse, vous devrez savoir identifier la plante parfaitement. Pour une utilisation thérapeutique, il ne suffit pas de reconnaître sa famille, il faut également en discerner le genre. Ainsi, la camomille matricaire n’a pas les mêmes indications que la camomille noble. 

La même attention prévaut si vous souhaitez utiliser un extrait. À ce titre, connaître le chémotype d’une huile essentielle, c’est-à-dire sa classification chimique, biologique et botanique, est indispensable. Par exemple, vous ne trouverez pas d’huile essentielle d’eucalyptus mais des huiles essentielles d’eucalyptus globulus, d’eucalyptus citronné ou encore d’eucalyptus radié… 

Vous le savez, je vous engage à utiliser la phytothérapie pour prendre soin de vous. La clé pour en tirer pleinement parti : favoriser une approche globale, comme la permathérapie. Il s’agira ainsi de prendre en compte votre environnement de vie et votre terrain, en plus de vos pathologies éventuelles. Pour en savoir plus sur les bonnes méthodes à adopter quand on veut se soigner avec les plantes, consultez tout de suite ma Pharmacie Naturelle

Les 7 erreurs à ne pas commettre quand on veut se soigner avec les plantes médicinales

Article rédigé avec l’aide de Stéphanie Langlais, rédactrice web SEO formée par Lucie Rondelet

Cet article a 2 commentaires

  1. Bonjour Loïc,
    Alors là chapeau ! Tu as fait une synthèse très claire des faux-amis que l’on peut rencontrer en discutant avec les gens sur l’utilisation qu’ils font des plantes.
    Et cet article complète magnifiquement l’un des miens. Me permettrais-tu de mettre un lien pour renvoyer sur ton site en complément pour mes lecteurs ?
    Merci pour cette mise au point salvatrice !

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Loïc

Professionnel de santé, diplômé en masso-kinésithérapie, je m’intéresse aux pratiques de soin centrées sur la personne. Conférencier et formateur, j'exerce depuis plus de 15 ans. J'ai complété mes connaissances par une formation universitaire en Fasciathérapie (4 ans), l'apprentissage de la Microkinésithérapie (3 ans), des Réflexologies (5 ans), du Shiatsu (Minna san do so). L'aromathérapie, l'hydrolathérapie, la gemmothérapie et l'homéopathie sont venues enrichir mon travail pour rendre la personne actrice de son soin et autonome.