Reconnaître la carence en vitamine D et s’assurer d’avoir un apport suffisant

Sommaire
Comprendre les causes et les conséquences d’un manque de vitamine D pour apporter à son corps cette vitamine du soleil indispensable.

Chaque hiver, des millions de Français reçoivent le même verdict au retour de leur prise de sang : « Votre vitamine D est basse. » Le médecin fronce les sourcils, griffonne une ordonnance, et vous repartez avec une ampoule de 100 000 UI en vous demandant ce qui ne tourne pas rond dans votre corps. Cette scène se répète tellement qu’on pourrait croire à une épidémie silencieuse. Pourtant, derrière ce chiffre qui inquiète, la réalité est bien plus nuancée que ne le laissent entendre les laboratoires d’analyse et les rayons de compléments alimentaires.

La carence en vitamine D existe bel et bien. Elle peut avoir des conséquences graves, notamment sur la santé osseuse. Mais entre une vraie carence pathologique et une simple variation saisonnière que votre corps gère depuis des centaines de milliers d’années, il y a un monde. Un monde que l’industrie du complément alimentaire préfère que vous ne découvriez pas.

Il est temps de faire le tri. Comprendre ce qu’est réellement cette molécule, reconnaître les vrais signaux d’alerte, identifier les causes profondes d’un manque, et surtout découvrir comment y remédier de façon naturelle, sensée et durable.

La vitamine D n’est pas ce que vous croyez

Une hormone qui ne dit pas son nom

Premier malentendu à dissiper : la vitamine D n’est pas une vitamine. C’est une prohormone stéroïdienne que votre peau synthétise naturellement sous l’effet des rayons UVB du soleil. Une fois produite, elle est transformée par votre foie en 25-hydroxyvitamine D (la forme mesurée dans les prises de sang), puis par vos reins en calcitriol, sa forme biologiquement active. Ce calcitriol se fixe sur des récepteurs nucléaires présents dans presque toutes vos cellules et régule l’expression de centaines de gènes, exactement comme le font le cortisol ou les hormones sexuelles.

Cette confusion entre vitamine et hormone n’est pas anodine. Elle entretient l’idée qu’il faudrait « consommer » de la vitamine D comme on consomme de la vitamine C, alors que votre corps possède un mécanisme de fabrication autonome, gratuit et remarquablement bien régulé. Pour approfondir cette dimension hormonale et comprendre comment le marketing exploite ce malentendu, je vous invite à lire Soleil, hormones et marketing : remettre la vitamine D à sa place.

Ses rôles dans l’organisme

La vitamine D intervient dans plusieurs fonctions essentielles. Son rôle le plus solidement documenté concerne le métabolisme du calcium et du phosphore : elle favorise l’absorption intestinale du calcium, sa fixation sur les os et maintient l’équilibre entre calcium sanguin et calcium osseux. C’est cette fonction qui fait d’une carence sévère un véritable problème de santé, notamment pour la solidité du squelette et la santé des dents.

Elle participe également à la fonction musculaire, en particulier chez les personnes âgées où un déficit marqué peut entraîner une faiblesse des muscles et augmenter le risque de chutes. Les récepteurs à la vitamine D étant présents sur les cellules immunitaires, on lui attribue aussi un rôle dans la modulation de l’inflammation et la régulation de la réponse immunitaire. Ce lien avec l’immunité est réel mais bien plus nuancé que ne le suggèrent les campagnes marketing. Des fonctions neurologiques lui sont enfin associées, notamment dans la régulation du système nerveux central, même si les preuves demeurent débattues.

Ce qu’il faut retenir, c’est que la vitamine D est importante, mais que ses fonctions clairement démontrées par la science concernent avant tout le métabolisme osseux et musculaire. Le reste relève souvent de l’extrapolation, voire de la promesse commerciale.

Les vrais symptômes d’une carence en vitamine D

Quand la carence est réelle, elle se manifeste

Un chiffre bas sur une prise de sang ne signifie pas automatiquement que vous êtes malade. Une vraie carence en vitamine D se traduit par des symptômes cliniques visibles et souvent invalidants, bien au-delà d’une simple fatigue hivernale.

Chez l’enfant, la carence sévère et prolongée provoque le rachitisme, une maladie qui se caractérise par des déformations osseuses, un retard de croissance, un crâne anormalement mou et des jambes arquées. Ce fléau des villes industrielles du XIXᵉ siècle est devenu rarissime dans les pays occidentaux grâce à la supplémentation systématique des nourrissons, mais il existe toujours dans des situations de privation totale d’exposition solaire ou de malnutrition sévère.

Chez l’adulte, l’équivalent se nomme l’ostéomalacie. Les personnes touchées ressentent des douleurs osseuses diffuses, particulièrement au niveau du bassin, des côtes et des jambes. Ces douleurs s’accompagnent d’une faiblesse musculaire marquée qui rend difficile de se lever d’une chaise ou de monter des escaliers. Des fractures peuvent survenir à la suite de traumatismes mineurs. Cette pathologie reste extrêmement rare chez un adulte en bonne santé vivant sous nos latitudes, et elle s’observe généralement lorsque le taux sanguin descend en dessous de 10 ng/mL de façon prolongée, souvent en association avec d’autres carences.

Les signes plus subtils à observer

En dehors de ces tableaux cliniques francs, certains signes peuvent évoquer un déficit en vitamine D sans pour autant constituer une carence avérée. Une fatigue persistante qui ne cède pas malgré un sommeil suffisant, des douleurs musculaires diffuses sans cause apparente, une cicatrisation lente, des infections respiratoires à répétition pendant la saison froide ou encore un moral en berne de façon prolongée en hiver peuvent pointer vers un statut insuffisant en vitamine D. Toutefois, ces symptômes sont peu spécifiques et peuvent avoir des dizaines d’autres origines. C’est précisément pour cette raison qu’il ne faut pas les interpréter de façon isolée, mais les replacer dans le contexte global de votre mode de vie, de votre alimentation et de votre état de santé général.

La prise de sang : utile, mais pas toujours nécessaire

Le dosage de la 25-hydroxyvitamine D est devenu l’un des examens les plus prescrits en France, et l’un des plus débattus. Les seuils dits « normaux » varient selon les institutions. L’Institute of Medicine américain fixe le seuil de suffisance à 20 ng/mL, tandis que l’Endocrine Society (largement financée par l’industrie pharmaceutique) le place à 30 ng/mL, voire 40 ng/mL. Conséquence mécanique : en relevant le curseur, on transforme des millions de personnes en bonne santé en « carencées » à traiter.

Ces seuils ne tiennent compte ni de la saison (votre taux baisse naturellement en hiver), ni de votre exposition solaire habituelle, ni de votre alimentation, ni de votre génétique. Un taux de 18 ng/mL mesuré en février, chez un adulte en bonne santé qui sort régulièrement et mange de façon variée, n’a pas du tout la même signification clinique qu’un taux identique chez une personne âgée institutionnalisée, immobile et dénutrie.

Le dosage a du sens dans trois situations précises : avant de supplémenter une population à risque, pour vérifier l’efficacité d’une supplémentation en cours, ou face à des symptômes cliniques évocateurs chez une personne présentant des facteurs de risque évidents. En dehors de ces cas, un dosage systématique « pour voir » génère souvent plus d’anxiété que de bénéfice.

Les causes fréquentes d’un manque de vitamine D

Le mode de vie moderne, premier responsable

La cause la plus répandue d’un déficit en vitamine D n’est ni une maladie ni un défaut génétique. C’est tout simplement notre mode de vie contemporain. Nous passons l’essentiel de nos journées enfermés : au bureau, en voiture, devant des écrans, sous des néons. Nous ne sortons plus assez, nous ne marchons plus assez, et quand nous sortons, nous nous couvrons de crème solaire dès le premier rayon de mars. Le paradoxe est saisissant : on nous répète de fuir le soleil par peur du cancer cutané, puis on nous supplémente massivement en cette hormone que notre peau fabrique justement grâce à ce soleil qu’on nous incite à éviter.

C’est un exemple parfait de ce que la Permathérapie identifie comme un désaccordage : un éloignement progressif de notre environnement naturel qui crée un déséquilibre que l’on tente ensuite de corriger par une solution industrielle, au lieu de traiter la cause. Votre taux de vitamine D bas en hiver n’est pas un dysfonctionnement de votre corps, c’est souvent le reflet d’un dysfonctionnement de votre rapport au monde vivant. L’exposome, c’est-à-dire l’ensemble des facteurs environnementaux auxquels vous êtes exposé tout au long de votre vie (lumière naturelle, rythmes saisonniers, qualité de l’air, temps passé dehors), influence directement votre statut en vitamine D bien plus que n’importe quel complément.

La latitude et les saisons

Au-dessus du 35ᵉ parallèle nord (ce qui inclut la totalité de la France métropolitaine), l’angle du soleil est trop faible entre novembre et février pour que les UVB traversent efficacement l’atmosphère. Votre peau ne produit pratiquement pas de vitamine D pendant ces mois. C’est une réalité physiologique, pas une anomalie. Votre corps a été conçu pour stocker la vitamine D dans les tissus adipeux pendant les mois ensoleillés et puiser dans ces réserves pendant l’hiver. Ce cycle saisonnier fonctionne depuis des centaines de milliers d’années.

L’âge, la pigmentation cutanée et certaines pathologies

Avec l’âge, la capacité de la peau à synthétiser la vitamine D diminue : une peau de 70 ans produit environ 50 à 70 % de vitamine D en moins qu’une peau de 20 ans à exposition égale. Les personnes à peau foncée, dont la mélanine filtre davantage les UVB, ont besoin de 3 à 5 fois plus d’exposition solaire pour produire la même quantité.

Certaines pathologies perturbent directement le métabolisme de la vitamine D. L’insuffisance rénale chronique empêche la conversion en forme active. Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) altèrent l’absorption intestinale. La chirurgie bariatrique compromet l’absorption de toutes les vitamines liposolubles. Certains traitements médicamenteux (antiépileptiques, corticoïdes au long cours) accélèrent la dégradation de la vitamine D. L’obésité joue également un rôle, car la vitamine D se séquestre dans les graisses et devient moins disponible dans la circulation sanguine.

Retrouver un rapport sensé au soleil

Combien de temps, quand, comment

Votre peau est une usine à vitamine D, gratuite, efficace et parfaitement régulée. Encore faut-il lui en donner les moyens. Entre avril et septembre, sous nos latitudes, 15 à 20 minutes d’exposition au soleil, 2 à 3 fois par semaine, bras et jambes découverts (soit environ 25 à 30 % de votre surface corporelle), entre 11h et 15h, suffisent largement à constituer des réserves solides. Il ne s’agit pas de rôtir en plein midi ni de chercher à bronzer. Votre production de vitamine D atteint un plateau après 10 à 30 minutes selon votre phototype. Au-delà, vous n’en produisez pas davantage et vous augmentez simplement votre risque de brûlure.

Les crèmes solaires bloquent effectivement la synthèse de vitamine D. L’idée n’est pas de les bannir, mais d’alterner des expositions courtes sans protection (le temps que votre peau lance sa production) et une protection adaptée dès que l’exposition se prolonge. Si vous souhaitez préparer votre peau au soleil de façon naturelle, une alimentation riche en antioxydants et en caroténoïdes peut aussi vous y aider.

Et en hiver ?

En hiver, la production cutanée est quasi nulle sous nos latitudes. Inutile de culpabiliser si votre taux baisse : c’est physiologique. Mais sortir reste essentiel, non pas pour fabriquer de la vitamine D, mais parce que la lumière naturelle régule votre rythme circadien, soutient votre humeur et maintient votre énergie. Marchez tous les jours, quelle que soit la météo. Prenez votre pause dehors. Remontez vos manches dès qu’un rayon de soleil hivernal pointe. Ce n’est pas la vitamine D en elle-même qui compte à cette saison, c’est le fait de rester connecté aux rythmes naturels, un principe fondamental de la Permathérapie.

Les sources alimentaires naturelles de vitamine D

Si environ 80 à 90 % de votre vitamine D provient de votre peau, les 10 à 20 % restants viennent de votre alimentation. Ces apports sont modestes mais précieux, surtout en hiver quand la synthèse cutanée est au point mort.

Les poissons gras, champions incontestés

Les poissons gras constituent de loin les meilleures sources alimentaires de vitamine D3. Le saumon sauvage apporte entre 600 et 1 000 UI pour 100 grammes, le hareng entre 500 et 700 UI, le maquereau entre 400 et 600 UI, et les sardines en conserve entre 300 et 400 UI. Deux portions de poisson gras par semaine représentent déjà une contribution significative à vos réserves. Et ces aliments apportent en prime des oméga-3, du sélénium, de l’iode et des protéines de qualité, une synergie que jamais un complément isolé ne pourra reproduire.

Les autres sources à connaître

Le jaune d’œuf contient entre 40 et 50 UI de vitamine D par œuf, un apport variable selon l’alimentation de la poule (les œufs de poules élevées en plein air sont généralement plus riches). Le foie de morue et son huile restent une source traditionnelle puissante, avec 400 à 1 000 UI pour 100 grammes. Certains champignons exposés aux UV, notamment certains champignons de Paris enrichis, peuvent fournir entre 100 et 400 UI pour 100 grammes sous forme de vitamine D2. Les produits laitiers enrichis apportent entre 40 et 100 UI pour 100 ml.

L’alimentation seule ne suffit généralement pas à couvrir l’intégralité des besoins sans exposition solaire, mais elle y contribue de façon significative. Et surtout, elle s’inscrit dans une logique d’ensemble : une assiette variée, riche en poissons gras, en œufs, en légumes de saison, c’est aussi une assiette qui soutient votre immunité, votre métabolisme osseux et votre énergie globale. C’est l’approche que nous défendons dans la Permathérapie : penser la nutrition comme un écosystème, pas comme une liste de molécules à cocher.

Complémentation : quand, comment, et avec quelles précautions

Les cas où elle est justifiée

La supplémentation en vitamine D fait consensus pour les nourrissons de 0 à 18 mois, dont la peau est trop fragile pour être exposée au soleil et dont le lait maternel est naturellement pauvre en cette hormone. Elle est également bien documentée pour les personnes âgées institutionnalisées, chez qui une supplémentation combinant vitamine D (800 UI par jour) et calcium peut réduire le risque de fracture de hanche. Les personnes souffrant de pathologies spécifiques affectant l’absorption ou le métabolisme de la vitamine D (insuffisance rénale, maladies inflammatoires intestinales, post-chirurgie bariatrique) relèvent d’un suivi médicalisé avec dosage et ajustement individualisé. Enfin, une attention particulière peut se justifier pour les personnes à risque d’ostéoporose, en complément d’une prise en charge globale.

Si vous choisissez de vous supplémenter

Si, malgré ces nuances, vous décidez de vous supplémenter (parce que vous appartenez à une population à risque, ou parce qu’un bilan justifié révèle un déficit documenté), quelques principes méritent d’être connus.

Privilégiez la vitamine D3 (cholécalciférol) plutôt que la D2 (ergocalciférol), car elle est mieux absorbée et plus efficace pour maintenir des taux stables. Optez pour des doses quotidiennes modérées de 400 à 800 UI plutôt que des ampoules de 100 000 UI administrées tous les trois mois. Une étude australienne publiée en 2010 dans le JAMA a montré que ces bolus massifs augmentent paradoxalement le risque de fractures et de chutes au lieu de les prévenir. Prenez votre complément au cours d’un repas contenant des graisses, car la vitamine D est liposoluble et s’absorbe mieux en présence de matière grasse. Ne dépassez jamais 4 000 UI par jour sur le long terme sans suivi médical, et ne cumulez pas plusieurs compléments contenant tous de la vitamine D sans en faire le total.

Les risques du surdosage

On entend souvent que « ça ne peut pas faire de mal ». C’est faux. La vitamine D est liposoluble : contrairement à la vitamine C dont l’excès s’élimine dans les urines, la vitamine D s’accumule dans les tissus adipeux. Un surdosage provoque une hypercalcémie (taux de calcium sanguin trop élevé) qui se manifeste par des nausées, une soif excessive, une fatigue intense, une confusion mentale, et dans les cas graves, une insuffisance rénale aiguë et des calcifications des artères potentiellement mortelles. L’ANSM a alerté à plusieurs reprises sur les risques de surdosage, notamment chez les nourrissons recevant des compléments alimentaires mal dosés. Si vous devez supplémenter, privilégiez un médicament prescrit par un professionnel de santé plutôt qu’un complément alimentaire acheté au hasard, car les médicaments ont des dosages clairs et un suivi de pharmacovigilance.

Pour aller plus loin sur le piège de la supplémentation systématique et la fabrication marketing de l’« épidémie de carence », je vous renvoie à mon article dédié qui décortique cette mécanique en détail.

La vitamine D vue par la Permathérapie : regarder le terrain, pas le chiffre

Un symptôme, pas une maladie

En Permathérapie, nous ne regardons pas un taux de vitamine D de la même façon qu’un médecin conventionnel face à sa grille de normes. Un chiffre bas n’est pas un diagnostic. C’est un signal, une expression du Terrain. La question n’est jamais « comment remonter ce chiffre ? » mais « qu’est-ce que ce chiffre raconte de la façon dont cette personne vit ? ».

Le concept de Terrain en Permathérapie représente l’ensemble des contextes qui composent une personne à un moment donné : son Contexte de Vie (exposition à la lumière, activité physique, alimentation, rythmes quotidiens), son Contexte Social (conditions de travail, isolement ou vie communautaire), son Contexte Héréditaire (génétique, phototype, histoire familiale) et son Contexte Médical (pathologies éventuelles, traitements en cours). C’est l’observation croisée de ces quatre contextes qui permet de comprendre pourquoi une personne présente un déficit, et surtout de proposer une réponse qui traite la cause plutôt que de corriger un chiffre.

Sortir du réflexe « pilule »

La détox hivernale, les super-aliments exotiques, les cures de vitamines tous azimuts : ces réflexes participent tous d’une même logique qui consiste à chercher dans un flacon ce que notre mode de vie ne nous apporte plus. La Permathérapie propose un renversement de perspective. Au lieu d’ajouter des compléments à un mode de vie déconnecté de la nature, pourquoi ne pas d’abord se demander ce que nous pourrions changer dans nos habitudes pour que notre corps retrouve ses capacités d’autorégulation ?

Sortir davantage. Marcher. Jardiner. Retrouver le plaisir simple du soleil sur sa peau. Manger des aliments locaux, entiers, de saison. Dormir en accord avec la lumière naturelle. Bouger son corps non pas dans une salle de sport sous néons, mais dehors, au contact des éléments. Ce n’est pas du folklore naturaliste. C’est exactement ce que la physiologie humaine réclame depuis des centaines de milliers d’années. Et c’est ce qui manque le plus cruellement à la majorité d’entre nous, bien davantage qu’une ampoule de 100 000 UI.

Pour découvrir cette approche globale de la santé et comprendre comment retrouver votre vitalité en travaillant sur l’ensemble de votre Terrain plutôt que sur des marqueurs biologiques isolés, la Permathérapie offre un cadre concret et accessible. Et pour mieux comprendre comment votre environnement façonne votre santé au quotidien, la notion d’exposome est un prisme de lecture particulièrement éclairant.

Questions fréquentes sur la carence en vitamine D

Quel est le taux normal de vitamine D dans le sang ?

Il n’existe pas de taux « universel » optimal. L’Institute of Medicine considère qu’un taux supérieur à 20 ng/mL de 25-hydroxyvitamine D est suffisant pour la grande majorité de la population, sur la base de la santé osseuse. D’autres institutions fixent le seuil à 30 ng/mL, mais ces recommandations plus élevées ne font pas consensus et reposent souvent sur des corrélations, pas sur des preuves solides de bénéfice clinique. Ce qui compte davantage qu’un chiffre isolé, c’est votre contexte global : avez-vous des symptômes ? Faites-vous partie d’une population à risque ? Comment vivez-vous au quotidien ?

Peut-on avoir trop de vitamine D ?

Oui. La vitamine D étant liposoluble, elle s’accumule dans l’organisme. Un surdosage, généralement lié à une supplémentation excessive (et jamais à l’exposition solaire, car la peau possède un mécanisme de régulation qui limite la production), peut provoquer une hypercalcémie aux conséquences graves. Le seuil de sécurité établi par la plupart des agences sanitaires est de 4 000 UI par jour pour un adulte.

La crème solaire empêche-t-elle la production de vitamine D ?

Une crème solaire à indice élevé (SPF 30 et au-delà) bloque effectivement la quasi-totalité des UVB responsables de la synthèse cutanée. L’idée n’est pas de renoncer à toute protection, mais de s’accorder des expositions courtes (15 à 20 minutes) sans crème avant de se protéger pour les expositions plus longues.

Faut-il prendre de la vitamine D en hiver ?

Pour un adulte en bonne santé, mobile, avec une alimentation variée incluant des poissons gras et ayant constitué des réserves solaires correctes pendant l’été, la supplémentation hivernale systématique n’est pas justifiée par les preuves scientifiques actuelles. En revanche, si vous faites partie d’une population à risque (nourrisson, personne âgée institutionnalisée, pathologie spécifique), une supplémentation adaptée et suivie peut être bénéfique.

La vitamine D protège-t-elle contre le cancer ou les maladies cardiovasculaires ?

Les études d’observation montrent des corrélations entre taux bas de vitamine D et risque accru de certaines pathologies. Mais les grandes études interventionnelles, dont l’étude VITAL (25 871 participants suivis pendant 5 ans), montrent que la supplémentation en vitamine D ne réduit ni le risque de cancer, ni le risque cardiovasculaire, ni la mortalité globale chez les adultes en bonne santé.

Mon médecin me prescrit une ampoule de 100 000 UI tous les trois mois. Est-ce adapté ?

Les méga-doses ponctuelles sont de plus en plus remises en question. Des études ont montré qu’elles peuvent paradoxalement augmenter le risque de fractures et de chutes. Si une supplémentation est justifiée dans votre cas, les preuves actuelles favorisent des doses quotidiennes modérées (400 à 800 UI) plutôt que des bolus espacés. N’hésitez pas à en discuter avec votre médecin.

Quels aliments sont les plus riches en vitamine D ?

Les poissons gras arrivent largement en tête : saumon sauvage (600 à 1 000 UI pour 100 g), hareng (500 à 700 UI), maquereau (400 à 600 UI), sardines (300 à 400 UI). Le jaune d’œuf, le foie de morue et certains champignons enrichis en UV complètent le tableau. L’alimentation seule ne couvre pas tous les besoins sans soleil, mais elle y contribue significativement tout en apportant une synergie de nutriments qu’aucun complément ne peut reproduire.

Le vrai manque est souvent ailleurs

La vitamine D est importante. Les vraies carences doivent être identifiées et prises en charge. Mais pour l’immense majorité d’entre nous, le problème n’est pas dans notre taux sanguin. Il est dans notre façon de vivre : trop de temps enfermé, trop peu de lumière naturelle, trop peu de mouvement, trop peu de contact avec les rythmes qui ont façonné notre physiologie pendant des millénaires.

On traite un chiffre sur une prise de sang. Pas une personne dans son contexte de vie. On prescrit une ampoule au lieu de prescrire une promenade quotidienne. On médicalise une variation saisonnière que notre corps gère parfaitement depuis toujours.

La solution n’est pas dans un flacon. Elle est dans la réconciliation avec votre environnement. Sortir, bouger, manger des aliments vrais, laisser votre peau respirer au soleil quelques minutes, accorder vos rythmes à ceux de la lumière naturelle. Votre corps n’est pas défaillant. Il n’a pas besoin d’être « corrigé » par une pilule. Il a besoin d’être écouté, respecté, et surtout, reconnecté au vivant.

Sources :

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Pat

Super article

Tharreau

Bonjour Loic,
Cela fait un moment que je vous suit silencieusement et je vous remercie pour la qualité de vos articles.
Une amie vient de m’envoyer un article (dont les sources ne sont malheureusement pas aussi clairement indiquées que chez vous) sur le bronzage et la vitamine D
Quelques informations me semblaient compléter vos deux articles sur la vitamine D:
– Les aliments hautement acidifiants, comme la viande, la charcuterie, les œufs, le fromage, les fritures et le sucre, fragilisent la peau, en raison de leurs déchets métaboliques qui s’y accumulent, et qui fermentent à l’exposition au soleil.
– Après les bains de soleil (et de mer), la plupart des gens se douchent et se savonnent, ce qui décape toute la vitamine D neuve qui vient de se former à fleur de peau – il faut 24 h pour qu’elle passe dans les couches profondes du derme. La douche oui, le savon non !
Les yeux donnent une information de luminosité à notre système hormonal endocrinien qui se trouve, par les lunettes, complètement minimisé, donc faussé.
– L’hypophyse (glande pituitaire) qui est responsable de la production de mélanine, le pigment qui bronze la peau et la protège contre les coups de soleil, croit que la luminosité extérieure est plus sombre et, par conséquent, ne produit pas assez d’hormones stimulant les mélanocytes qui font bronzer – ce qui représente donc un danger pour votre peau. N’avez-vous pas remarqué que les aveugles ont pratiquement toujours le teint très blanc ?
– La glande pinéale qui secrète la mélatonine n’est pas activée correctement. Or la mélatonine travaille en synergie avec une autre hormone activée par les UV, le solitrol, pour réguler l’humeur et les rythmes biologiques.

qu’en pensez vous, je n’ai pas vérifier mais cela me semblait pertinent?

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