Des médecines aux approches diagnostiques opposées qui se complètent

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Souvent la médecine conventionnelle occidentale, celle des écoles de médecine et des spécialistes de chaque organe ou partie du corps, s’oppose aux médecines dites « traditionnelles ». Comme si les deux ne pouvaient pas coexister. En permathérapie, les deux approches sont complémentaires et permettent d’obtenir les soins les plus adaptés pour son bien-être. On vous explique pourquoi médecine traditionnelle et médecine moderne sont des alliées précieuses pour votre santé.

Médecine traditionnelle, naturelle, douce, complémentaire ou médecine moderne, conventionnelle, officielle… Pas toujours facile de s’y retrouver. Faites le point sur ces différentes approches.
Médecine traditionnelle et médecine moderne : quelles différences ?

Qu’est-ce que la médecine traditionnelle et la médecine conventionnelle ?

La médecine que nous appelons « moderne » ou « conventionnelle » est en réalité la médecine officielle occidentale. Elle s’appuie sur « des traitements qui ont obtenu une validation scientifique, soit par des essais cliniques, soit parce qu’ils bénéficient d’un consensus professionnel fort obtenu avec l’accord et l’expérience de la majorité des professionnels de la discipline concernée. », d’après le Gouvernement français. 

Il y a donc à la fois la preuve scientifique de résultats sur les effets et symptômes, la non-innocuité des effets secondaires, ou du moins leur mesure précise, mais aussi le consensus professionnel, plus empirique qui peut servir à valider une pratique dans ce cadre. Même si la médecine officielle, conventionnelle, s’appuie sur des protocoles scientifiques établis, une place est laissée à l’expérience des professionnels de santé. 

En ce qui concerne les médecines considérées comme non-conventionnelles en France, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les définit comme « la somme totale des connaissances, compétences et pratiques qui reposent sur les théories, croyances et expériences propres à une culture et qui sont utilisées pour maintenir les êtres humains en bonne santé ainsi que pour prévenir, diagnostiquer, traiter et guérir des maladies physiques et mentales. »

Ces médecines douces, alternatives ou parallèles sont parfois millénaires et leur pratique reste majoritaire dans de nombreux pays du monde, en particulier en Asie et en Afrique. En Europe et en Amérique du Nord cependant, plus de la moitié de la population a recours au moins une fois par an à ces médecines complémentaires.

Dans certains pays, la différence entre les deux types de pratiques médicales n’est pas si nette et l’accès aux soins de base reste la priorité.

Des approches diagnostiques différentes

Si les deux types de médecines ne se définissent pas de la même façon par les instances officielles, c’est qu’elles ont des approches différentes, en particulier en ce qui concerne la pose du diagnostic

Une médecine officielle spécialisée

La médecine conventionnelle se focalise avant tout sur le symptôme. Elle cherche à les détecter, les croiser entre eux pour lui associer un traitement par médicament qui semble lui correspondre. Avec l’écoute du patient, le médecin recueille les symptômes fonctionnels : douleurs, sensations, gênes… avec l’examen ensuite, il s’intéresse aux symptômes objectifs ou signes. En croisant les deux, il pose son diagnostic. Si besoin, des examens paracliniques sont effectués pour recueillir plus de données sur des organes ou parties du corps en particulier.

Directrice générale de l’OMS de 2007 à 2017, Dr Margaret Chan explique que « trop souvent, le patient n’est plus traité comme une personne, mais plutôt comme un ensemble d’organes distincts, chacun relevant d’un spécialiste souvent très compétent. » Ainsi, cette tendance à l’hyperspécialisation met souvent à mal la relation médecin-patient dans l’exercice de la médecine moderne occidentale.

Passé le diagnostic, la médecine conventionnelle s’attache ensuite à traiter la cause de ces symptômes, par un traitement étiologique, essentiellement par la prescription de médicaments. Ces pratiques médicales reposent sur une même physiologie qui explique le fonctionnement de tous les organes et qui est commune à la formation de tous les membres du corps médical. Dans le cas où aucun diagnostic n’a pu être établi, l’usage d’antalgique ou autre médicament sera prescrit pour traiter les symptômes.

Le diagnostic différentiel et la médecine moderne

Ainsi, la présence ou l’absence de certains symptômes vise à éliminer les pathologies possibles selon la méthodologie du diagnostic différentiel. Selon cette dernière, si les symptômes ne rentrent pas dans un tableau pathologique c’est qu’il n’y a rien à traiter.

Des médecines complémentaires qui prennent l’humain dans son ensemble

À l’inverse, les médecines traditionnelles partent d’une approche plus globale qui associe souvent corps, esprit et environnement du patient. Le traitement qui en résulte est totalement individualisé. Ce souci de prendre en compte l’environnement du patient se retrouve dans la permathérapie, en particulier au travers des éthiques qui en constituent le socle.

L’ancienne Directrice Générale de l’OMS, Dr Margaret Chan met en avant « la médecine traditionnelle chinoise [qui] a fait œuvre de pionnier dans des domaines tels que le régime alimentaire, l’exercice, la sensibilisation aux influences de l’environnement sur la santé et l’utilisation de médicaments à base de plantes dans le cadre d’une approche globale de la santé. D’autres systèmes médicaux anciens dans d’autres pays, comme l’Ayurvéda en Inde, offrent le même type d’approches. » 

En effet, au lieu de partir uniquement des dysfonctionnements de tel ou tel organe, les médecines traditionnelles, mettent en pratique une approche du soin plus globale. Par exemple, les médecines énergétiques comme l’acupuncture, le Qi Gong ou le shiatsu, s’attache à observer le flux vital du patient. Ce sont les perturbations de sa circulation qui sont le signe et les effets d’une maladie. Selon ces approches, rétablir la bonne circulation de cette énergie est une priorité.

La plupart de ces techniques concernent ce que nous qualifions en Europe de bien-être et qui ne relève pas du champ de la médecine conventionnelle.  En effet, la frontière entre pathologique et physiologique est fine pour les différentes médecines traditionnelles, ainsi tout peut être perçu comme nécessitant un traitement.

La médecine conventionnelle se focalise sur le symptôme,
la médecine traditionnelle voit des symptômes pour tout.

Médecines traditionnelles et médecine moderne, sont-elles complémentaires ?

Malgré ces approches diagnostiques opposées, les deux types de médecines peuvent se révéler complémentaires. Certaines expérimentations ont déjà été faites, comme la mise en place de séances de Qi Gong depuis 2011 à la Pitié-Salpétrière à Paris. En effet,  cette gymnastique paramédicale est issue de la médecine chinoise traditionnelle est pensé comme un outil thérapeutique à part entière. Les séances mises en place par le docteur Liu permettent d’accompagner la guérison. Dans le même hôpital, le service de pédopsychiatrie n’hésite pas à traiter des patients à l’aide du Shiatsu, une acupuncture manuelle également héritée de la médecine traditionnelle chinoise.

Par ailleurs, de nombreux problèmes médicaux relèvent de troubles fonctionnels, comme les troubles psychosomatiques, qui même s’ils ne sont pas matériellement observables et quantifiables, sont réels. La médecine conventionnelle est plutôt démunie face à ce genre de troubles, contrairement aux médecines traditionnelles. De par leur approche globale et la recherche d’un équilibre générale, ces dernières sont mieux armées pour traiter ce genre de dysfonctionnement chez l’humain.

Suite à de nombreuses études menées par l’OMS pendant ses mandats, le docteur Margaret Chan le rappelle « Il ne faut pas opposer la médecine traditionnelle et la médecine occidentale. Dans le contexte des soins de santé primaires, les deux peuvent se compléter harmonieusement et il convient d’utiliser les meilleures caractéristiques et de compenser les points faibles de chacune. »

C’est le parti que prend la permathérapie : ne pas opposer, mais allier. Ne pas dénigrer, mais compenser. Trouver le soin le plus adapté pour la situation et l’humain à un moment et dans un contexte donné : c’est tout l’enjeu pour conserver et cultiver sa santé.

Des médecines aux approches diagnostiques opposées qui se complètent

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Loïc

Professionnel de santé, diplômé en masso-kinésithérapie, je m’intéresse aux pratiques de soin centrées sur la personne. Conférencier et formateur, j'exerce depuis plus de 15 ans. J'ai complété mes connaissances par une formation universitaire en Fasciathérapie (4 ans), l'apprentissage de la Microkinésithérapie (3 ans), des Réflexologies (5 ans), du Shiatsu (Minna san do so). L'aromathérapie, l'hydrolathérapie, la gemmothérapie et l'homéopathie sont venues enrichir mon travail pour rendre la personne actrice de son soin et autonome.