C’est un sujet dont personne ne parle volontiers. Un de ces tabous tenaces qui traversent les siècles sans jamais perdre de leur force : les vers intestinaux chez l’adulte. On les associe spontanément aux enfants, aux cours de récréation, aux ongles sales. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé estime que près d’un quart de la population mondiale est touché par des parasites intestinaux. Un quart. Cela représente plus de 1,5 milliard de personnes. Et parmi elles, une proportion significative d’adultes qui ignorent tout de leur situation.
En France, le problème est certes moins massif que dans les zones tropicales, mais il est loin d’être anecdotique. Les oxyures, ces minuscules vers blancs, contaminent régulièrement les adultes vivant avec des enfants. Le ténia touche ceux qui consomment de la viande ou du poisson insuffisamment cuits. Et la honte associée au sujet empêche beaucoup de gens de consulter. Laissant des infestations perdurer pendant des semaines, parfois des mois.
Pourquoi les adultes aussi sont concernés
L’idée que les parasites intestinaux ne concerneraient que les enfants est une illusion confortable. Certes, les enfants sont plus vulnérables en raison de leurs habitudes (porter les mains à la bouche, jouer au sol, négliger le lavage des mains). Mais les adultes qui vivent à leur contact se contaminent fréquemment sans le savoir. Les œufs d’oxyures, invisibles à l’œil nu, survivent jusqu’à trois semaines sur les surfaces : poignées de portes, interrupteurs, literie, lunettes de toilettes. Il suffit de toucher une surface contaminée puis de porter ses doigts à la bouche pour que le cycle recommence.
Au-delà des oxyures, d’autres parasites touchent les adultes par des voies différentes : consommation de sushi ou de steak tartare, voyages en zones tropicales, contact avec des animaux domestiques, ou encore immunité fragilisée par le stress chronique ou une alimentation déséquilibrée. En Permathérapie, ces facteurs font partie de ce qu’on appelle l’exposome. L’ensemble des influences environnementales qui façonnent notre terrain et conditionnent notre vulnérabilité.
Les principaux types de vers qui nous parasitent
Quatre grandes familles de vers parasitent couramment l’être humain. Les oxyures (Enterobius vermicularis) sont de loin les plus fréquents en France. Ces petits vers blancs filiformes, de 3 à 13 mm, vivent dans le gros intestin et migrent vers la marge anale pendant la nuit pour y déposer leurs œufs, provoquant ces démangeaisons nocturnes si caractéristiques. Leur mode de transmission est principalement oro-fécal. Les œufs se retrouvent sous les ongles après grattage et sont ingérés lors du contact main-bouche.
Les ascaris (Ascaris lumbricoides) sont des vers ronds imposants, de 15 à 40 cm de long, d’un roseâtre caractéristique. Plus fréquents dans les zones tropicales, ils effectuent un cycle complexe dans l’organisme. Les larves traversent la paroi intestinale, passent par le foie, remontent vers les poumons (provoquant parfois une toux sèche), puis sont dégluti pour retourner dans l’intestin où elles deviennent adultes. La contamination se fait par l’ingestion d’eau ou d’aliments souillés.
Le ténia, souvent appelé « ver solitaire », est un ver plat segmenté qui peut atteindre plusieurs mètres de longueur dans l’intestin grêle. On le contracte en consommant de la viande de bœuf ou de porc insuffisamment cuite. Il peut survivre des années dans l’organisme, se manifestant par un appétit excessif sans prise de poids et par la présence d’anneaux blanchâtres dans les selles.
Enfin, la douve du foie est un petit ver plat d’environ 20 mm, en forme d’amphore, qui s’installe dans le foie et les voies biliaires. Sa contamination passe par la consommation de cresson sauvage ou de plantes aquatiques crues. Elle peut provoquer des douleurs dans la région hépatique et, dans les cas avancés, un ictère.
Reconnaître les symptômes d’une infestation parasitaire
L’un des pièges des parasitoses intestinales, c’est qu’elles avancent souvent masquées. Beaucoup d’adultes vivent avec des vers intestinaux sans le savoir, attribuant leurs symptômes à du stress, à une mauvaise digestion, ou à la fatigue de la vie quotidienne. Apprendre à reconnaître les signaux d’alerte est pourtant la première étape vers une prise en charge efficace.
Les signes digestifs
Le symptôme le plus évoquateur de l’oxyurose reste le prurit anal, c’est-à-dire des démangeaisons au niveau de l’anus, particulièrement intenses la nuit au moment où les femelles migrent pour pondre. Mais d’autres signes digestifs doivent alerter. Des douleurs abdominales diffuses, une alternance inexplicable entre constipation et diarrhée, des ballonnements persistants accompagnés de gaz, des nausées, ou encore un appétit anormalement augmenté sans prise de poids (signe évocateur du ténia).
Quand le transit intestinal se dérègle sans raison apparente et que les mesures habituelles ne suffisent pas. Il est judicieux d’envisager la piste parasitaire.
Les signes généraux
Au-delà de la sphère digestive, une infestation parasitaire peut se manifester par une fatigue inexplicable et persistante, une nervosité inhabituelle, des troubles du sommeil (le prurit nocturne perturbe les cycles de repos), une pâleur liée à une anémie (notamment avec les ascaris ou les ankylostomes), et parfois des manifestations cutanées comme de l’urticaire, de l’eczéma, ou des démangeaisons diffuses sans cause dermatologique évidente. Le bruxisme nocturne (grincement des dents) est fréquemment rapporté par les praticiens, même si le lien scientifique reste discuté.
Les signes spécifiques selon le type de vers
Chaque parasite a sa signature. Les oxyures se trahissent par un prurit anal nocturne intense et parfois par la présence visible de petits vers blancs, filiformes, dans les sous-vêtements ou sur la marge anale.
Le ténia se manifeste typiquement par des anneaux blancs dans les selles (segments du ver qui se détachent) et un appétit excessif.
Les ascaris peuvent provoquer une toux sèche initiale lors de la migration pulmonaire des larves, suivie de troubles digestifs une fois installés dans l’intestin.
La douve du foie, quant à elle, se signale par une douleur localisée sous les côtes droites et, dans les cas avancés, un jaunissement de la peau et des yeux.
Comment confirmer le diagnostic
L’observation directe reste le moyen le plus simple. La présence de petits vers blancs dans les selles ou les sous-vêtements ne laisse guère de doute.
Le médecin peut prescrire un scotch-test (ou test à la cellophane), qui consiste à appliquer un ruban adhésif transparent sur la marge anale le matin au réveil, avant toute toilette, puis à l’observer au microscope pour y détecter les œufs.
L’examen parasitologique des selles (EPS) est une autre option, plus complète, qui permet d’identifier différents types de parasites. En cas de doute, il est toujours préférable de consulter.
Comment se contamine-t-on ?
Les voies de transmission
La principale voie de contamination par les oxyures est le cycle main-bouche, aussi appelé cycle oro-fécal. Les œufs, déposés autour de l’anus, se retrouvent sous les ongles après grattage, puis sur toutes les surfaces que la personne touche.
L’alimentation constitue une autre voie majeure. Viande ou poisson cru ou mal cuit pour le ténia, eau ou légumes contaminés pour l’ascaris, cresson sauvage pour la douve. Le contact avec des surfaces contaminées (literie, poignées de portes, jouets d’enfants) assure la propagation au sein du foyer.
Certains parasites se transmettent également par les animaux domestiques, et d’autres, comme les ankylostomes, par la marche pieds nus sur un sol contaminé dans les zones tropicales.
Les facteurs de risque chez l’adulte
Vivre avec des enfants en collectivité, voyager en zones tropicales, consommer régulièrement du poisson cru (sushi, sashimi) ou de la viande peu cuite (steak tartare, carpaccio), avoir un animal de compagnie non vermifugé, ou traverser une période de stress chronique qui fragilise l’immunité.
Autant de situations courantes qui augmentent le risque.
Un terrain digestif déjà fragilisé, avec un microbiote appauvri ou une muqueuse intestinale perméable, crée un environnement particulièrement accueillant pour les parasites.
Se débarrasser des vers intestinaux naturellement
C’est ici que la vision de Se Soigner Autrement prend tout son sens. Là où la plupart des sites se contentent de recommander un comprimé de Fluvermal et passent au sujet suivant, nous croyons qu’une approche plus complète, plus respectueuse de l’organisme et de l’environnement, est non seulement possible mais souvent préférable.
Les solutions naturelles antiparasitaires sont nombreuses, documentées, et certaines sont utilisées depuis des milliers d’années dans les médecines traditionnelles du monde entier.
L’alimentation antiparasitaire
L’ail est sans doute le vermifuge alimentaire le plus ancien et le mieux documenté. Son principe actif, l’allicine, un composé soufré libéré lorsqu’on écrase ou coupe la gousse, possède des propriétés antiparasitaires démontrées contre plusieurs types de parasites intestinaux, y compris Entamoeba histolytica et Giardia lamblia (Ankri & Mirelman, 1999, Microbes and Infection). Pour en tirer le meilleur parti, il faut le consommer cru, écrasé et laissé à l’air libre pendant une dizaine de minutes avant consommation, afin de permettre la réaction enzymatique qui produit l’allicine. Dans les campagnes françaises, la tradition du lait chaud à l’ail écrasé servait précisément cet usage.
Les graines de courge constituent l’autre grand vermifuge alimentaire, probablement le mieux documenté en ethnopharmacologie. La cucurbitine qu’elles contiennent paralyse les vers, les empêchant de s’accrocher à la paroi intestinale. Le protocole traditionnel consiste à consommer 30 à 50 g de graines crues le matin à jeun, soigneusement mâchées ou mixées, pendant trois jours consécutifs, suivis d’un laxatif doux pour évacuer les parasites.
La carotte crue, grâce à ses fibres abrasives, contribue mécaniquement à déloger les vers. À l’inverse, le sucre et les produits raffinés créent un terrain favorable aux parasites et sont à limiter pendant toute la durée de la cure.
Les plantes vermifuges traditionnelles
Le thym (Thymus vulgaris) est un antiseptique intestinal puissant dont le principe actif, le thymol, possède des propriétés vermifuges reconnues. En infusion (3 à 4 branches fraîches dans 200 ml d’eau bouillante), à raison de 2 à 3 tasses par jour pendant 7 à 10 jours, il constitue un protocole simple et accessible. On peut également le trouver sous forme d’EPS (Extrait de Plante Standardisé) pour une concentration plus précise.
L’armoise (Artemisia vulgaris) est utilisée comme vermifuge depuis l’Antiquité. L’artémisinine, son principe actif le plus célèbre, est d’ailleurs au cœur de certains traitements antiparasitaires modernes. Elle s’utilise en infusion ou en teinture-mère. Attention cependant : l’armoise est formellement contre-indiquée pendant la grossesse, comme plusieurs autres plantes vermifuges.
La tanaisie (Tanacetum vulgare) est un autre vermifuge traditionnel d’une grande puissance, utilisé en infusion légère. Sa toxicité à haute dose impose cependant une prudence particulière : elle ne doit jamais être utilisée sans un minimum de connaissance ou d’accompagnement. Le brou de noix (Juglans regia) est également un vermifuge réputé de la pharmacopée traditionnelle européenne. Enfin, la gentiane, avec son amertume caractéristique, stimule la digestion et crée un environnement intestinal inhospitalier pour les parasites.
Huiles essentielles antiparasitaires
Les huiles essentielles offrent des solutions concentrées et efficaces, mais elles exigent des précautions d’usage rigoureuses. Ce ne sont pas des bonbons, et leur puissance impose des cures courtes et un dosage précis.
L’huile essentielle de tea tree (Melaleuca alternifolia) est antibactérienne et antiparasitaire à large spectre. Par voie orale, on l’utilise à raison de 1 à 2 gouttes sur un comprimé neutre, 3 fois par jour, pendant 7 jours maximum. Elle est contre-indiquée avant 7 ans et chez la femme enceinte ou allaitante.
L’huile essentielle de thym à thujanol (Thymus vulgaris ct thujanol) est plus douce que le thym à thymol, mieux tolérée, tout en étant antiparasitaire et anti-infectieuse intestinale. C’est souvent une bonne option de première intention.
L’huile essentielle d’origan compact (Origanum compactum) est un antiparasitaire puissant grâce au carvacrol qu’elle contient. Très dermocaustique, elle doit toujours être diluée et ne s’utilise qu’en cure courte de 7 à 10 jours. L’huile essentielle de cannelle de Ceylan (écorce) complète cet arsenal avec une action antiparasitaire marquée, elle aussi réservée à de courtes périodes.
Gemmathérapie et soutien du terrain
La gemmathérapie, qui utilise les bourgeons et les jeunes pousses de plantes, offre un soutien précieux dans une approche globale de la parasitose. Le bourgeon de noyer (Juglans regia) est un régulateur reconnu de la flore intestinale, avec une action antifongique et antiparasitaire ciblée. Le bourgeon de figuier (Ficus carica) agit sur le système nerveux entérique. Il calme les spasmes digestifs fréquemment associés aux infestations et apaise le terrain nerveux intestinal. Le bourgeon d’airelle (Vaccinium vitis-idaea) complète ce trio en tant que régulateur intestinal et soutien du côlon. Pour les précautions d’usage en gemmothérapie, consultez notre article dédié.
L’approche Permathérapie : renforcer le terrain plutôt que combattre le parasite
C’est ici que la perspective change fondamentalement. En Permathérapie, nous ne considérons pas la présence de parasites uniquement comme un problème d’hygiène à régler. C’est aussi, et peut-être surtout, une question de terrain. Un terrain digestif affaibli, avec un microbiote appauvri, une muqueuse intestinale fragilisée et une immunité locale basse, est un terrain qui accueille les parasites. À l’inverse, un écosystème intestinal riche et diversifié leur laisse difficilement la place de s’installer.
C’est exactement la même logique que la permaculture au jardin : un sol vivant, riche en biodiversité microbienne, en champignons mycorhiziens, en insectes auxiliaires, résiste infiniment mieux aux ravageurs qu’un sol appauvri par la monoculture et les intrants chimiques. De la même façon, un intestin dont l’écosystème est en équilibre se défend naturellement contre les parasites. C’est pourquoi, en Permathérapie, nous ne nous contentons pas d’éliminer le parasite. Nous restaurons le terrain pour qu’il ne revienne pas. Nous stimulons l’immunité intestinale, car rappelons-le, près de 80 % de nos cellules immunitaires se trouvent dans l’intestin. Et nous diversifions les approches plutôt que de miser sur un seul traitement. On inscrit alors la prise en charge dans la durée, parce que c’est l’écosystème intérieur qu’on cultive, pas seulement le parasite qu’on élimine.
Hygiène et prévention : briser le cycle de recontamination
Les mesures d’hygiène essentielles
Même le meilleur traitement antiparasitaire échouera si les mesures d’hygiène ne suivent pas. Le lavage des mains systématique, avant chaque repas et après chaque passage aux toilettes, constitue la première barrière. Les ongles doivent être coupés courts car les œufs d’oxyures s’y logent avec une facilité déconcertante. La literie et les sous-vêtements doivent être lavés à 60 °C minimum, et les surfaces fréquemment touchées (poignées, interrupteurs, lunette des toilettes) nettoyées régulièrement. Un point capital, souvent négligé : il faut traiter toute la famille en même temps. Si un seul membre du foyer est pris en charge, la recontamination croisée est quasi inévitable. Le cycle de vie des oxyures étant de six semaines, les mesures d’hygiène doivent être maintenues pendant toute cette durée.
Prévenir au quotidien
Au-delà de la période de traitement, certaines habitudes quotidiennes réduisent considérablement le risque de contamination. Laver soigneusement les fruits et légumes consommés crus (un peu de vinaigre blanc dans l’eau de rinçage renforce l’efficacité). Bien cuire les viandes et poissons à une température interne d’au moins 63 °C. Vermifuger régulièrement les animaux domestiques et se laver les mains après chaque contact avec eux. Et, bien sûr, maintenir un terrain digestif solide par une alimentation riche en fibres, en aliments fermentés et en probiotiques naturels.
Quand consulter un professionnel de santé
Les solutions naturelles ne remplacent pas un diagnostic médical. Elles le complètent. Il est important de consulter si les symptômes persistent au-delà de 2 à 3 semaines malgré les mesures naturelles, si des vers sont visibles dans les selles, en cas de fièvre, d’amaigrissement inexplicable ou de douleurs abdominales intenses, en cas de sang dans les selles, ou si l’on suspecte un ténia ou un ascaris plutôt que de simples oxyures. Les enfants de moins de 2 ans, les femmes enceintes, et les personnes dont les infestations récidivent malgré les traitements nécessitent un avis médical systématique. La nuance est essentielle : le naturel ne signifie pas « sans avis médical ». Un diagnostic posé par un professionnel permet d’identifier le type de parasite et d’adapter la prise en charge en conséquence.
Ce qu’il faut retenir
Les vers intestinaux ne sont ni une fatalité ni un tabou. La nature met à notre disposition des outils puissants pour les combattre, de l’ail aux huiles essentielles en passant par les plantes vermifuges traditionnelles et la gemmothérapie.
Mais la vraie protection durable ne réside pas dans un seul traitement ponctuel : elle passe par un terrain digestif fort, un microbiote diversifié, une immunité intestinale entretenue et un mode de vie attentif.
En Permathérapie, c’est l’écosystème intérieur qu’on cultive, pas seulement le parasite qu’on élimine. C’est cette vision globale, où prendre soin de ses intestins rejoint le soin de la Terre et du vivant, qui guide notre approche du soin au quotidien. Prenez soin de votre terrain, et votre terrain prendra soin de vous.
Questions fréquentes
Comment savoir si on a des vers intestinaux quand on est adulte ?
Les signes les plus courants sont les démangeaisons anales (surtout la nuit), des troubles digestifs inhabituels comme des ballonnements, une alternance diarrhée-constipation, de la fatigue inexplicable ou de la nervosité. L’observation directe de petits vers blancs dans les sous-vêtements ou les selles est le signe le plus fiable. Un examen parasitologique des selles prescrit par le médecin permet de confirmer le diagnostic.
Quel est le meilleur vermifuge naturel pour adulte ?
L’ail cru (grâce à l’allicine) et les graines de courge crues (grâce à la cucurbitine) sont les deux vermifuges naturels les mieux documentés. En phytothérapie, le thym, l’armoise et la tanaisie sont traditionnellement utilisés. En huiles essentielles, le tea tree et l’origan compact sont les plus efficaces. L’idéal est de combiner alimentation antiparasitaire et plantes sur une cure de 10 à 14 jours.
Les vers intestinaux sont-ils dangereux chez l’adulte ?
Les oxyures, les plus fréquents en France, sont gênants mais rarement dangereux. Ils provoquent surtout de l’inconfort (démangeaisons, troubles du sommeil). En revanche, les ascaris, les ténias et les douves du foie peuvent entraîner des complications plus sérieuses s’ils ne sont pas traités : anémie, obstruction intestinale, atteinte hépatique. En cas de doute sur le type de vers, il est important de consulter.
Peut-on attraper des vers intestinaux sans manquer d’hygiène ?
Oui, absolument. L’hygiène n’est pas le seul facteur. Le simple fait de vivre avec des enfants, de voyager, de consommer du sushi ou du steak tartare, ou d’avoir un animal domestique peut être une source de contamination. Les œufs d’oxyures survivent jusqu’à 3 semaines sur les surfaces et sont invisibles à l’œil nu.
Combien de temps faut-il pour se débarrasser des vers ?
Avec un traitement (naturel ou médicamenteux), les vers adultes sont éliminés en quelques jours. Mais les œufs ne sont pas détruits par les traitements : il faut renouveler la cure 2 à 3 semaines plus tard pour éliminer la nouvelle génération. Les mesures d’hygiène doivent être maintenues pendant 6 semaines minimum, soit le cycle de vie complet des oxyures.
Faut-il traiter toute la famille ?
Oui, c’est indispensable. Les oxyures sont extrêmement contagieux. Même si un seul membre de la famille présente des symptômes, tous les autres sont probablement contaminés. Le traitement simultané de tout le foyer est la seule manière d’éviter la recontamination croisée.
Quelles huiles essentielles utiliser contre les vers intestinaux ?
Les plus efficaces sont le tea tree (Melaleuca alternifolia), le thym à thujanol, l’origan compact et la cannelle de Ceylan. Elles s’utilisent par voie orale sur comprimé neutre, en cure courte de 7 à 10 jours. Elles sont contre-indiquées chez la femme enceinte, allaitante et l’enfant de moins de 7 ans. Un avis professionnel est recommandé.
Le microbiote intestinal protège-t-il contre les vers ?
Oui, un microbiote diversifié et équilibré rend l’intestin moins hospitalier pour les parasites. L’immunité intestinale (près de 80 % de nos cellules immunitaires s’y trouvent) est directement liée à la richesse du microbiote. C’est pourquoi, en Permathérapie, on travaille autant sur le terrain digestif que sur l’élimination du parasite.
Sources :
- OMS, Géohelminthiases
- Ankri S., Mirelman D., Antimicrobial properties of allicin from garlic, Microbes and Infection, 1999
- Metwally D.M. et al., Antischistosomal and anti-inflammatory activity of garlic and allicin compared with that of praziquantel in vivo, BMC Complementary Medicine and Therapies, 2018
- Comment les déjections humaines polluent massivement les rivières de Futura Sciences.
- Pourquoi l’eau peut-elle être polluée ? de Santé Publique France
- Le virobiote intestinal, nouvelle composante des interactions entre le microbiote et le système immunitaire de EDP Sciences
- Les parasites intestinaux : ennemis ou alliés ? d’Alternative Santé
- Loïc Plisson, La Permathérapie, Éditions Guy Trédaniel, 2024

Cet article est trés complet et intéressant
Merci
Merci beaucoup
Merci pour cet article Loïc, c’est bien la première fois que je lis un article sur ce sujet 🙂
En remède naturel, il existe aussi
– la tisane de tanaisie (une cure d’une semaine annuelle)
– les graines de papaye (fruit que l’on trouve couramment par chez nous au Portugal mais certes moins fréquent en France).
Je donne d’ailleurs le centre de la papaye (les filaments orange avec les graines), à mes chats qui en raffolent… et ils ont justement des vers. Comme quoi la nature est bien faite !
Il y a un remède contre les vers intestinaux encore plus simple : l’ail !
De plus, de nombreuses plantes sauvages sont vermifuges, comme les feuilles de l’alliaire officinale (Alliaria officinalis Andrz.), le rhizome du polypode commun (Polypodium vulgare L.)… La nature fait bien les choses ! Personnellement, je mange beaucoup de plantes sauvages, mais n’ai pas de problèmes de vers intestinaux. Dans le livre ‘Secrets et vertus des plantes médicinales’, il est donné ces exemples : « Pour combattre toutes les espèces de vers : – ail, – armoise, – chou, – estragon, – fenouil marin, – fraxinelle, – millepertuis, – noyer, – oignon, – oranger doux, – pêcher, – polypode commun, – pourpier, – rhubarbe, – tanaisie, – thym. Contre les ascaris : – absinthe, – aurone, – balsamite, – églantier, – lin sauvage, – lupin, – menthes, – mousse de Corse, – santoline, – sémentine. Contre les oxyures : – absinthe, – aurone, – citron, – gentiane, – lin sauvage, – lupin, – menthes, – mousse de Corse, – santoline, – sémentine. Contre le tenia : – carotte, – citrouille, – fougère mâle, – grenadier. »
J’approuve totalement.
Je suis d’accord avec vous sur l’ail bien que son action soit souvent mal comprise. Il sera utile uniquement cru et son passage par l’estomac en diminue ses effets. C’est pour cela qu’il est conseillé en suppositoire. Or cette utilisation est douloureuse et irritante. J’ai donc tendance à le mettre de côté pour proposer des usages plus simples.
Oui. Il faut attendre un peu avant que l’ail avalé fasse son effet (par exemple en prendre raclé sur du pain mouillé d’huile d’olive, c’est un peu fort mais très bon). Si les fesses grattent beaucoup, en attendant mettre du savon (le savon d’Alep est l’un des meilleurs savons actuellement à ma connaissance) au niveau de l’anus quelques minutes, car le savon tue les vers à ce niveau.